“UNE FEMME” ENFIN VISIBLE SUR WIKIPEDIA

Une femme
jaipiscineavecsimone_actu_une_femme_wikipedia

Les récentes “une” des médias imaginant le monde d’après ont pris pour beaucoup un visage masculin. Un tollé qui a donné lieu à la mission Calvez sur la place des femmes dans les médias. Mais ailleurs ce n’est pas plus glorieux. Et le pastiche rendant hommage à “une femme” sur Wikipédia pointe l’invisibilisation orchestrée dans les titres de la presse.

Rares sont les titres d’articles qui nomment les femmes. Par paresse ou biais sexiste inconscient, le nom et la qualité des dites femmes n’apparaissent pas immédiatement. “La Belgique choisit une femme comme Première ministre” écrit Ouest France, “Deuxième sortie dans l’espace de deux femmes astronautes de la Nasa” titre la Croix en janvier 2020. Une invisibilisation mainte fois soulevée sans trop de résultats. C’est à cette mauvaise habitude que la page wikipédia “Une femme” anonyment rédigée s’attaque.

L’intense vie professionnelle d'”Une femme”

La page compile la biographie, les professions et l’ensemble des distinctions qui jalonnent la vie d’ “une femme”. Une lecture édifiante devant tant de compétences, de ténacité pour briser tous les plafonds de verre. Une femme est une journaliste, dirigeante d’entreprise, chimiste, diplomate, économiste, évêque, pasteure, rabbin, imam, physicienne, directrice sportive, pilote de chasse, brasseuse, autrice de bande dessinée et femme politique” énumère la page. Sans oublier qu’elle est de multiple nationalité et à accès à des fonctions encore majoritairement occupées par des hommes. Aucune rédaction n’aurait l’idée d’appliquer ce titre à un homme.

Derrière la parodie des femmes d’exception

La parodie liste de nombreux postes obtenus exceptionnellement par “une femme”. Un renvoi en bas de page spécifie le poste et le titre de l’article réel annonçant l’info. “Le 25 mai 2020, elle se déclare « candidate » entre guillemets au siège épiscopal de l’archevêché de Lyon”, allusion à la candidature d’Anne Soupa, théologienne et journaliste de 73 ans, fondatrice du Comité de la jupe. “Une femme” est partout, à la tête des pompiers dans la Creuse, directrice des vols habités à la NASA, quand elle ne prend pas la direction de l’Opéra de Lyon !

“Une femme” connait une fin tragique

A son brillantissime CV et à ses journées surchargées, il faut néanmoins évoquer sa fin tragique. Car “une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint, en France”. L’association “Prenons la Une” interpelle sur Twitter les quotidiens de presse nationale: “Allez vous prendre part à cette conversation essentielle pour une meilleure représentation des femmes comme des personnes racisées dans les médias ?”. Léa Lejeune, présidente de l’association évoquait déjà le problème lors des Etats Généraux des femmes journalistes en avril 2019. “Ce qui nous paraît important c’est qu’il y ait un cours sur le sexisme dans les rédactions, et qu’il soit mis en place de manière systématique, une fois par cursus, pour des étudiants en journalisme”. La mission Calvez devrait entendre le message.

Laisser un commentaire

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.