#PRENDSMAPLAINTE : “MAIS MADAME ON NE RESTE PAS QUAND ÇA SE PASSE MAL”

Photo by Charl Folscher/ Unsplash
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“90% des femmes ayant porté plainte en 2020 pour des faits de violences conjugales étaient satisfaites de l’accueil en commissariats et gendarmeries” a affirmé le ministère de l’intérieur. Le collectif Nous Toutes a lancé un appel à témoignages pour vérifier ce chiffre. On est loin du compte.

L’enquête Prends Ma Plainte réalisée en ligne révèle une toute autre réalité. Les 3500 témoignages anonymes recueillis en 15 jours ont été compilés pour donner des statistiques loin des 90% de satisfaction. Majoritairement les victimes ne sont pas bien accueillies souligne le collectif. “Ce chiffre de 90% est donc en total décalage avec la réalité de terrain à laquelle les associations féministes sont confrontées ou avec les témoignages qui se multiplient sur les réseaux sociaux”. Le rapport cite le féminicide de Magali Blandin, assassinée par son conjoint en février 2021. Sa plainte déposé en septembre 2020 avait été classée.

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66 % des répondantes évoquent une mauvaise prise en charge par les forces de l’ordre concernant le dépôt de plainte pour violences sexuelles. Ce taux monte à 81% pour les personnes non binaires. Pour plus de 67%, la réponse consiste à banaliser les faits. “Physiquement, vous allez bien non ? C’est bon alors, les mots et insultes, c’est pas grave, tout le monde s’est déjà fait insulter y a pas mort d’homme!”. Mais peut-être bien de femmes… 56% des femmes ont été découragées dans leur intention de porter plainte. “Le policier a essayé de me dissuader de porter plainte en me disant que c’était sûrement un rigolo qui faisait le malin et qu’il ne mettrait jamais les menaces à exécution”. Pour rappel, refuser de prendre une plainte est illégal.

Prends Ma Plainte : culpabilisation des victimes et sexisme

Le manque d’empathie qui transparait dans ces témoignages s’accompagne parfois de réactions plus graves, comme la culpabilisation des victimes.“Et puis jolie demoiselle, entre vous et moi, quand on rentre toute seule si tard, faut quand même pas s’étonner”. Des propos sexistes ou discriminants, “Vous avez de la chance, c’est à la mode, les violences conjugales! alternent avec une sympathie exprimée pour avec l’auteur des violences. L’impact de ces comportements est dramatique. Nous Toutes souligne que des dizaines de femmes racontent avoir entendu: “ça ne servira à rien, votre plainte sera classée”.

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