VIOLA DAVIS POSE DANS VANITY FAIR ET C’EST UN ACTE MILITANT

Viola Davis
© Instagram Viola Davis

Pour la première fois depuis sa création il y a 106 ans, le magazine américain a confié la réalisation de sa une à Dario Calmese, un photographe noir. Face à son objectif, la comédienne Viola Davis prend la pose, une attitude politique.

La comédienne et productrice de 54 ans oscarisée en 2017 grâce à Fences se tient de dos dans une robe bleu nuit largement échancrée, le visage de profil. Sous l’objectif de Dario Calmese, Viola Davis reprend la pose d’un esclave portraitisé sur une photo sépia de 1863, ““The Scourged Back”, le dos marqué par les cicatrices laissées par le fouet. Sur son compte Instagram, le photographe de 38 ans,dont le travail a été déterminant pour la communauté de la mode noire pendant des années” salue cette reconnaissance. “Merci à toutes les femmes noires qui se sont senties invisibles alors qu’elles ont été en première ligne de tous les combats”.

“J’ai passé ma vie à protester”

Pour souligner l’impact de la couverture, une phrase illustre la photographie. “My entire life has been a protest” (j’ai passé ma vie à protester) revendique l’héroïne de “La couleur des sentiments”. Un aveu d’activiste qui prend racine dans une enfance extrêmement pauvre à Central Falls (Rhode Island). “J’étais un de ces enfants qui ont grandi en ayant faim. J’ai 48 ans maintenant, et ce n’est que récemment que j’ai pu admettre que je fouillais dans les poubelles à la recherche de nourriture et que je volais au magasin du coin parce que j’avais faim” confiait-elle en 2014 à People. Puis à Vanity Fair, “Quand j’étais plus jeune, je n’exerçais pas ma voix parce que je ne me sentais pas digne d’avoir une voix”. Avant de regretter d’avoir incarné Aibileen dans La Couleur des Sentiments qui lui avait valu une nomination aux Oscar en 2011.

Peu de récits s’intéressent à notre humanité. Ils s’intéressent à l’idée d’être noir, mais… Cela se limite à une audience exclusivement blanche. Ce public blanc peut, au mieux, prendre place au cinéma et suivre un cours académique sur ce que cela signifie d’être nous. Ensuite ils quittent la salle et discutent du film, de ce qu’ils voulaient dire. Ils ne sont pas émus par ce que nous sommes.”

“Il a fallu attendre 2020…”

C’est dans cet état d’esprit que la comédienne qui incarnera Michelle Obama dans une série intitulée First Ladies, autre femme puissante qui a bouleversé les codes. Pourtant les éloges ne sont pas unanimes. Sur Twitter, des internautes s’agacent. “Est ce que je suis censée être fière ? Je ne suis pas impressionnée parce que Vanity Fair a engagé un photographe afro américain. Ils surfent sur la tendance Black Lives Matter comme beaucoup d’autres entreprises”. Un autre s’indigne. “Il a fallu attendre l’été 2020 pour embaucher un photographe noir et vous pavoisez ? Je pense que je vois une partie du problème …

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