URSULA VON DER LEYEN : “JE ME SUIS SENTIE BLESSÉE, EN TANT QUE FEMME ET EUROPÉENNE”

Ursula von der Leyen
“CC-BY-4.0: © European Union 2019 – Source: EP”

La présidente de la Commission européenne est revenue lundi, devant le Parlement européen, sur l’incident protocolaire survenu à Ankara, le 6 avril, où elle s’est retrouvée sans siège face au président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Les réseaux sociaux ont vite trouvé un surnom à l’incident : le Sofagate. Le 6 avril, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, était en visite officielle à Ankara, en Turquie. Elle faisait le déplacement avec le président du Conseil européen, Charles Michel. Sauf qu’au moment de se retrouver pour un moment formel avec photographies officielles, il n’y avait que deux chaises d’installées. L’une sur laquelle s’est assis Recep Tayyip Erdogan, l’autre sur laquelle a pris place Charles Michel. Ursula von der Leyen, elle, s’est retrouvée reléguée sur un sofa, à l’écart des deux hommes. 

Lundi, devant le Parlement européen, elle est revenue sur cet épisode : « Je suis la première femme présidente de la Commission européenne et j’espérais être traitée comme telle lorsque je me suis rendue en Turquie. Mais ce ne fut pas le cas. » « Je me suis sentie blessée, je me suis sentie seule en tant que femme et en tant qu’européenne », a-t-elle ajouté.

« C’est arrivé parce que je suis une femme »

« Je n’ai rien trouvé dans les traités européens qui justifie la façon dont j’ai été traitée. J’en conclus que c’est arrivé parce que je suis une femme. Est-ce que ça serait arrivé si j’avais porté un costume et une cravate ? », a-t-elle ajouté, quelques minutes après que Charles Michel a déploré cet « incident de protocole » et s’est défendu de tout sexisme. 

Pour Ursula von der Leyen, cet accroc au protocole est lié à la décision du pays de se retirer de la Convention d’Istanbul, un texte visant à lutter contre les violences faites aux femmes. Elle a appelé tous les pays européens qui ne l’ont pas encore fait à ratifier ce texte. « En tant que responsable politique, je peux parler à tout moment et faire entendre ma voix. Mais qu’en est-il des millions de femmes qui ne le peuvent pas ? Des femmes sont offensées tous les jours sur cette planète. Nous devons les défendre », a-t-elle écrit sur Twitter. 

Le respect des droits des femmes comme préalable à la reprise du dialogue

Devant les parlementaires, la présidente de la Commission européenne a réclamé que « le respect des droits des femmes » soit « un préalable à la reprise du dialogue avec la Turquie ». Un sommet des dirigeants de l’UE sur la nature des relations avec la Turquie est prévu en juin. Ursula von der Leyen a également appelé à l’adoption de la directive « Women on boards », écrite en 2013, qui souhaite fixer un objectif d’au moins 40 % de femmes dans les conseils d’administration non-exécutif des entreprises de l’UE. 

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