“MON CORPS M’APPARTIENT”, UN SLOGAN DONT TOUTES LES FEMMES NE PEUVENT PAS S’EMPARER

mon corps m'appartient
capture vidéo ©FNUAP

Le Fonds des Nations unies pour la population a publié la semaine dernière un rapport selon lequel dans 57 pays étudiés à travers le monde, 55 % des femmes ne disposent pas d’une autonomie corporelle.

“Mon corps m’appartient”. C’est un slogan qui a émergé dans les années 1960 et qui continue d’être une revendication dans les manifestations féministes. Pourtant, partout dans le monde, des millions de femmes sont privées de ce droit, comme le documente le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), dans un rapport paru la semaine dernière. 


Le texte évalue l’autonomie corporelle dont disposent les femmes à travers le monde. “Qui prend généralement les décisions relatives à votre propre santé ? Qui prend généralement la décision de recourir ou non à la contraception ? Pouvez-vous dire « non » à votre mari ou partenaire si vous ne souhaitez pas avoir de rapport sexuel ?” Le FNUAP a récolté des réponses à ces trois questions posées à des femmes âgées de 15 à 49 ans dans 57 pays, à travers des enquêtes démographiques et de santé. Seules les femmes répondant prendre leurs propres décisions pour chacune de ces trois questions sont considérées comme ayant une autonomie corporelle. 

55 % des femmes disposent d’une autonomie corporelle

D’après les conclusions de l’enquête, c’est seulement un peu plus de la moitié des femmes (55%) qui disposent ainsi d’une autonomie corporelle dans les 57 pays évalués, situés pour la plupart en Afrique subsaharienne. Les résultats ultérieurs d’enquêtes internationales doivent venir affiner ces résultats dans les prochaines années. En Afrique subsaharienne, où environ 50 % des femmes prennent des décisions autonomes, elles sont moins de 10 % à le faire dans trois pays : le Mali, le Niger et le Sénégal. 

Les résultats varient ensuite fortement en fonction des trois questions posées : dans ces 57 pays, 91 % des femmes déclarent être en mesure de prendre des décisions en matière de contraception, tandis qu’elles sont 75 % à déclarer être en capacité de refuser des relations sexuelles et 75 % à pouvoir prendre des décisions en matière de santé. Le rapport explique cependant que derrière chacune de ces questions, par exemple en matière de contraception, une femme peut déclarer avoir pris une décision conjointe avec son mari, qui finalement lui refusera.

Les femmes ignorent souvent qu’elles peuvent refuser une relation sexuelle

Plusieurs recherches montrent aussi que les filles et les femmes ignorent souvent qu’elles ont le droit de refuser d’avoir une relation sexuelle, ce qui complique le rapport à la notion de consentement et la dénonciation des actes forcés. En outre, cette enquête recense 20 pays ou territoires où existent des lois permettant à un violeur de se marier avec sa victime pour échapper à des poursuites judiciaires et 43 pays où il n’existe pas de législation concernant le viol conjugal. 

Or, comme le rappelle le rapport, “quand les femmes et les filles sont libres de faire les choix les plus fondamentaux concernant leur corps, elles gagnent non seulement en autonomie, mais bénéficient aussi de meilleures conditions en matière de santé et d’éducation, de revenus et de sécurité”. Ce manque d’autonomie corporelle a aussi “des implications massives au-delà des préjudices profonds pour les femmes et les filles“, comme “la baisse potentielle de la productivité économique, une diminution des compétences et des coûts supplémentaires pour les systèmes de santé et judiciaires”. 

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