IVG : EN ALABAMA L’UTÉRUS DES FEMMES APPARTIENT AUX LÉGISLATEURS

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illustration Women’s March

En Alabama 25 hommes blancs se sont arrogés le pouvoir de disposer du corps des femmes et de leur utérus. Les mesures sur l’IVG promulguées mardi 14 mai sont parmi les plus répressives mises en place aux Etats-Unis. Sur le web, la risposte s’organise.

Au nom de Dieu et de la morale, 25 sénateurs et une femme gouverneure de l’Etat de l’Alabama ont entériné un projet de loi scélérat sur l’IVG. Désormais, l’avortement sera uniquement autorisé en cas de danger de mort pour les femmes et si le foetus présente “une anomalie létale”. Le viol et l’inceste ne représentent pas une cause suffisamment grave pour figurer dans les cas d’exception. “Chaque vie est précieuse et chaque vie est un don sacré de dieu” justifie Kay Ivey, la gouverneure dans un tweet. Le”backlash” (effet retour) emprunté au titre du best seller de l’écrivaine féministe Susan Faludi est bien là pour détricoter toutes les avancées obtenues par les femmes.

Renverser l’arrêt Roe v. Wade

L’Amérique de Donald Trump poursuit sa croisade anti IVG. Cette année, 14 Etats ont restreint le droit à l’avortement rappelle Le Monde. Alors que la Cour Suprême a légalisé ce droit fondamental des femmes à disposer de leur corps en 1973 (arrêt Roe v. Wade), la législation de l’Etat de l’Alabama poursuit une stratégie qui vise à interdire l’avortement au plus haut niveau de juridiction des Etats-Unis. Contestée par l’association de défense des droits civiques ((ACLU), la loi pourrait se retrouver devant la Cour Suprême, aujourd’hui composée d’une majorité de conservateurs (5 sur les 9 juges). Une aubaine pour les pro-life qui souhaitent que les juges reviennent sur leur décision emblématique.

Au cours du premier trimestre de 2019, les gouverneurs de quatre États (Arkansas, Kentucky, Mississippi et Utah) ont signé un total de huit mesures interdisant l’avortement d’une manière ou d’une autre. Des mesures similaires ont été adoptées par les assemblées législatives de l’Arkansas et de la Géorgie et ont été adoptées par une chambre de l’assemblée législative de six autres États.

Institut Guttmacher

Le caractère extrême de ces lois

L’Alabama s’inscrit dans la mouvance d’Etats qui tous ont adopté des restrictions importantes sur l’IVG. La Géorgie est le 6ème Etat à interdire l’avortement à compter du moment où les battements cardiaques du foetus sont perceptibles. Soit après 5 à 6 semaines d’aménorrhée et surtout, avant que la plupart des femmes n’ait connaissance de leur début de grossesse. Selon l’Institut Guttmacher qui milite pour les droits sexuels et reproductifs des femmes, “le caractère extrême des projets de loi (contre l’avortement)de cette année est sans précédent“. Mais cette politique ultra conservatrice se déploie aussi en Europe.

Les programmes populistes contre l’avortement

Le parti populiste Vox qui vient d’entrer au Parlement Espagnol rêve de mettre le corps des femmes en coupe réglée. Le gouvernement ultra conservateur polonais remet régulièrement en cause ce droit à l’avortement, même s’il est déjà restreint aux cas de viol, de danger pour la santé et de malformation du fœtus. En France, contrairement à ce que qu’un magazine conservateur et puant essaie de nous vendre, la terreur ne vient pas des féministes mais des hommes blancs qui ont décidé que la moitié de l’humanité avait pour mission de procréer, et ce quelles qu’en soit les conditions.

Les ripostes

Les dystopies ne sont pas loin. La servante écarlate et Vox racontent un monde où les femmes disparaissent, esclaves sexuelles ou condamnées au silence. Aux Etats-Unis, la risposte s’organise. L’actrice Alyssa Milano propose une grève du sexe retoquée par Marlène Schiappa. Il faut “cesser d’envisager la sexualité des femmes comme quelque chose qui aurait pour but d’être agréable… pour les hommes !” conclut-elle sur son compte Instagram. Avec le #Youknowme sur Twitter, les femmes qui ont eu recours à l’avortement sont invitées à le dire. “Une femme sur quatre a eu recours à une interruption volontaire de grossesse (…) Utilisez #Youknowme et partagez votre vérité” écrit l’actrice Busy Phillips. Ça ne nous rappelle pas un certain manifeste publié dans l’Obs en 2007 ? !

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