WOOLN : DES PIECES LUXUEUSES TRICOTEES PAR DES GRANDS MERES NEW-YORKAISES

Margaux et Faustine fondatrices de WOOLN
Margaux et Faustine fondatrices de WOOLN

Courtesy of ©Erik Melvin (photographe) et Studio Doré

Le tricot a le vent en poupe. Une paire d’aiguille et une pelote de laine constitueraient l’arme anti Stress la plus hype. Les stars s’attaquent au point mousse pour patienter sur les plateaux de tournage ou entre deux défilés. Même Ryan Gosling s’y serait mis ! Le tricot serait-il devenu trendy? Les boutiques en ligne fournissant kits et initiations fleurissent.Le tricoté main de nos grands mères fait des envieux. Fini les pulls un peu rêches de notre enfance planqués au fond des dressings. Ils se portent fièrement avec les irrégularités de confection. A New-York et bientôt à Los Angeles, Margaux Clermontel et Faustine Badrichani ont remis au goût du jour le tricot hand made avec un supplément d’âme. Avec le slogan “wear clothes that Matter” ( porter des vêtements qui comptent) les deux jeunes françaises ont choisi de confier la réalisation de leur modèle à des “grands-mères” retraitées. Un fil inter générationnel qu’elles tissent depuis deux ans au cœur de leur entreprise WOOLN. Leur collection composée d’accessoires tricotées à la main est portée par des consommateurs engagés et responsables. Un pari éthique raconté par Margaux Clermontel.

 

Comment est née votre entreprise ?

J’ai toujours voulu créer un projet qui intègrerait ma passion pour le tricot et lorsque j’ai rencontré Faustine en 2015 (nous venons de la même ville en France mais il a fallu attendre New York pour se rencontrer) nos envies de création d’entreprise convergeaient. Nous avons connecté en un éclair et nous avions toutes les deux une confiance mutuelle très forte. Après avoir « brainstormé » de nombreuses idées nous avons décidé de créer WOOLN, un projet qui faisait appel au talent créatif de Faustine qui est artiste, à ma connaissance de l’univers du tricot avec un fort aspect social.

Pourquoi avez vous fait tricoter des ” grands mères ” ?

Etant deux immigrées françaises dans une si grande ville, nous voulions retrouver cette connexion intergénérationnelle qui nous manquait au quotidien. Nous n’avons pas de famille aux USA, nos tricoteuses sont un peu nos « mamies américaines » ! Nous voulions aussi que les femmes retraitées jouent un plus grand rôle dans la société, ce qui nous a semblé assez peu évident à NY. Nous voulions qu’elles se sentent valorisées et soient fières de contribuer et d’ appartenir à un projet qui ferait appel à leurs talent. Aussi, soyons réalistes, les personnes qui ont de l’expérience font mieux les choses. Une tricoteuse qui tricote depuis plus de 30 ans fait des merveilles ! Nous apprenons beaucoup de nos « mamies ».

Aviez-vous conscience que vous tissiez aussi un lien très spécifique avec ces femmes ?
Bien sûr, c’est l’essence même de notre projet. Nous existons spécifiquement pour ce lien entre différentes générations de femmes. WOOLN donne à des grands-mères new-yorkaises (et bientôt angelinos à Los Angeles) l’opportunité de se sentir valorisée et connectée autour d’un projet collectif et nous apprenons beaucoup à leur contact. Nous ne les remercierons jamais assez d’être si dédiées et de partager avec nous leur incroyable expérience. Nous essayons aussi avec WOOLN de créer un pont entre nos mamies, qui ont un réel talent et des acheteurs soucieux de savoir d’où viennent les vêtements qu’ils portent. WOOLN donne à des grands-mères new-yorkaises l’opportunité aussi d’arrondir leur retraite.

Comment les avez-vous recrutées ?
Trouver nos tricoteuses a été un des plus gros challenges de la création de WOOLN. Nous avons arpenté la ville (Manhattan, Brooklyn & Queens) pour visiter environ 40 senior centers (des centres réservés au personnes âgées). Nous avons accroché des flyers, parlé aux instructrices qui enseignaient le tricot, etc… Nous avons commencé notre première collection avec 4 tricoteuses et petit à petit nous avons eu de nouvelles candidates par le bouche à oreille.  Puis grâce aux différents articles parus sur WOOLN au courant de ses 2 dernières années, nous recevons de nombreux messages de femmes qui souhaitent tricoter pour nous. C’est toujours un immense plaisir de recevoir ces emails !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gloria, tricoteuse  Courtesy of ©Erik Melvin (photographe) et Studio Doré

Comment concevez-vous vos collections ?
Nous entamons notre 3ème collection cette année et nous sommes très fières de collaborer avec 9 grand-mères très talentueuses. Elles tricotent à leur rythme et mettent toute leur affection et leur savoir-faire dans leurs réalisations. Chaque bonnet/snood est d’ailleurs signé par sa tricoteuse. Nous créons les patrons, recherchons les meilleurs fils à tricoter (en terme de douceur, de structure et de traçabilité) et demandons à nos mamies de nous aider à élaborer les échantillons. Nous tricotons toutes les deux Faustine et moi mais nos tricoteuses ont bien plus d’expérience et nous suggèrent souvent des adaptations pour un produit parfait.

Travaillez-vous avec des laines spécifiques ?
Sourcer le fil pour nos collections est assez chronophage. Nous voulons un fil doux mais résistant, le plus équitable possible et des nouveautés pour chaque saison. Notre matériel est 100% naturel (c’est un prérequis) et sourcé directement au Pérou et en Bolivie. L’Alpaga est notre matériau de prédilection ; nous travaillons aussi avec de la laine 100% naturelle et « made in the USA », du cashmere (grâce à une collaboration avec Lion Brand, le plus gros distributeur de fil à tricoter aux USA qui soutient notre projet) et cette année avec du suri (extrême douceur !)

Mettez vous en avant le style de chaque tricoteuse ou les incitez vous à se fondre dans l’unicité du modèle à réaliser ?
Nous travaillons en collections donc les bonnets d’un même modèle doivent être identiques. Surtout qu’une majeure partie de nos ventes s’effectue online donc nous nous devons d’envoyer le produit exact que la personne a commandé sur le site. Mais chaque produit est unique car tricoté à la main… Et nos mamies participent à l’élaboration des patrons, au choix des points…

Comment définissez le style de votre marque ?
Le style WOOLN est épuré, naturellement luxueux et intemporel. Nous avons comme ambition d’être sociable et désirable. Deux impératifs pas toujours facile à concilier pour une marque. Ce qui est vraiment important c’est que chaque bonnet a une histoire, est réalisé avec amour et respect de chaque personne qui a participé à sa création. Nos snoods et bonnets sont vendus sur le site internet www.wooln-ny.com ou lors de Holiday fairs, et donnent aux consommateurs soucieux de savoir d’où viennent leur vêtements l’occasion de faire un achat responsable et qui a du sens.

©WOOLN
©WOOLN

Comments · 2

  1. Suis très intéressante de votre activité de tricoteuse et d’encadrement de troisième âge. Je suis en RDC,Nord kivu, ville de Butembo nous apprenons les femmes d’epanouir leur talents dans différents métiers comme coupe et couture, tressage, art culinaire, vannerie, tricoteuse,broderie, et alphabétisation nous aurons besoins de votre partenariat pour partager nos expériences vue les ressemblances des objectifs. Notre numéro +243994003904,asfetongd@gmail.com

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