USA : KAMALA HARRIS, LA CANDIDATE DÉMOCRATE AMBITIONNE DE DEVENIR LA 1ERE PRÉSIDENTE NOIRE

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Kamala_Harris ©Gage Skidmore

La sénatrice de Californie a tiré son épingle du jeu lors du deuxième débat organisé jeudi dernier entre les candidats démocrates. Alors qu’on attendait un duel entre Bernie Sanders et Elizabeth Warren, l’ex procureure a mis en difficulté Joe Biden, notamment sur les questions raciales.

Agée de 54 ans, Kamala Harris vient de s’imposer comme une challenger redoutable. Face à l’ex vice Président de Barack Obama, la première sénatrice noire de Californie a su habilement nouer les fils de son histoire personnelle pour questionner Joe Biden sur sa “courtoisie” à l’égard de deux sénateurs ségrégationnistes dans les années 70.”Etant la seule femme noire sur scène, j’aimerais parler de cette question raciale” a-t-elle argumenté. Un avantage qu’elle a mis à profit en rappelant que le jeune sénateur Biden s’était opposé au “busing”, un service public mis en place par le gouvernement pour transporter les écoliers noirs dans les quartiers blancs.

Il y avait une petite fille en Californie qui appartenait à la deuxième génération à aller dans son école publique en bus, chaque jour. Cette petite fille c’était moi”.

La lutte pour les droits civiques

Née en 1964 dans le comté d’Oakland (Californie) d’une mère indienne, spécialiste du cancer du sein et d’un père Jamaïcain, professeur d’économie, Kamala Harris porte dans son ADN la lutte pour les droits civiques. Militante d’un système judiciaire plus équitable pour les noirs, elle a créé le programme “Back on Track” (de retour sur les rails) qui offre aux primo délinquants l’opportunité de bénéficier d’une formation scolaire au lieu d’aller en prison. Farouche opposante de Donald Trump, elle s’est illustrée pour sa pugnacité lors des auditions du candidat républicain à la Cour Suprême, Brett Kavanaugh. Toutefois, cette image de réformatrice du système pénal ne serait qu’une façade pour ses adversaires.

Une politique contradictoire ?

Ses contradicteurs pointent les incohérences de son action. “Elle a mis en place des programmes de formation pour lutter contre les préjugés raciaux des policiers, mais elle a également résisté aux appels pour que son bureau enquête sur certains tirs de la police” souligne Vox. Le média américain analyse ce mouvement de balancier à l’aune de son rôle de procureure générale. “Ce qui semble être des contradictions peut refléter un équilibre. Les parents de Harris travaillaient pour des causes liées aux droits civils. Elle venait d’un milieu très conscient des excès du système judiciaire. Mais dans l’exercice de ses fonctions, elle (…) travaillait dans un contexte où la politique répressive (“tough on crime”) était à l’oeuvre dans tous les partis, y compris démocrate”.

Une candidate dans le sillage d’Obama

En plaçant au cœur de son programme la lutte contre le changement climatique, les armes à feu et une politique plus humaine en matière d’immigration, Kamala Harris incarne une politique anti Trumpiste. Elle partage avec Barack Obama un certain nombre de points communs. Notamment concernant ses origines étrangères (Kényenne pour l’ex président) et seulement deux années d’expérience au Congrès à l’annonce de sa candidature. Une filiation qui pourrait être payante, puisqu’à l’issue du débat les sondages la plaçaient en seconde position derrière Joe Biden qui a perdu 10 points en un mois. Toutefois, la route est longue et le financement de la campagne est un facteur majeur dans la réussite. 24h après le débat, Kamal Harris annonçait avoir reçu 2 millions de dollars de la part de 63 277 contributeurs. Donald Trump aurait déjà rassemblé 105 millions de dollars.

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