MÉNOPAUSE :« JE NE VAIS PLUS FAIRE D’ENFANT MAIS DANS MON VENTRE IL Y A ENCORE TOUS MES PROJETS ET MES RÊVES »

ménopause nouvelle liberté
©j’ai piscine avec SImone

L’imaginaire collectif dessine la ménopause comme une phase de transition physiologique pleine d’épreuves. Une pathologisation du sommet visible de l’iceberg qui oublie que pour de nombreuses femmes c’est aussi un retour vers soi salvateur.

Pas une conversation sur la ménopause sans que l’un des 34 symptômes soient évoqués, la partie visible de la transition reste trop souvent le sujet majeur, mais nombreuses sont celles qui puisent dans ce bouleversement une magnifique occasion de reformuler leur vie. Vie amoureuse, carrière professionnelle et challenges sont au coeur de l’adn des femmes que J’ai piscine avec Simone a rencontré. 4 femmes, 4 récits de vie énergiques qui bousculent les représentations des plus de 50 ans.

La ménopause, « un bonheur total ! » s’exclame Cécile, 56 ans, qui ne regrette absolument pas ses cycles menstruels qui laissaient 10 jours par mois de répit à son corps partagé entre migraine, ballonnement du ventre et gonflement de ses seins. A 60 ans, Sophie se réjouit aussi de ce changement, « Pour moi, la ménopause c’est la liberté, la fin des règles. Ca c’est passé très en douceur et je n’ai pas identifié précisément ce passage ». Toutefois, elle regrette d’avoir été livrée à elle-même au cours de cette période.

Un cheminement pas toujours solitaire pour appréhender ces grands changements. Anne, ménopausée à 40 ans évoque une libération du corps malgré l’impact des symptômes sur sa vie quotidienne. « Je me suis fait aidée par un THS [Traitement Hormonal de Substitution] car la pression de la société sur le physique des femmes oblige a ne pas se laisser aller ». Mais ajoute-t-elle « on ne voit pas vieillir », le corps fait sa mue. « Je corps ne prend plus le poids au même endroit, je n’ai plus de hanches larges, mais ce n’est pas un corps plus vieux, c’est un corps différent ».

Quand j’ai crée cette association à 47 ans, il y avait quelque chose de je vais plus faire d’enfant mais dans mon ventre il y a encore tous mes reves et mes projets que j’ai pas réalisés.

Florence

La ménopause : une deuxième naissance

Florence, 52 ans, définit la ménopause comme « une deuxième naissance de la femme à elle-même ». Une réflexion globale qui ne se limite pas au changement corporel, « au fond de moi il y a une question : est ce que tu vas attendre la retraite pour être heureuse ? ». Submergée par un burn out, l’ancienne fonctionnaire cadre dans un organisme de recherche a créé un lieu de vie pour  réapprendre à prendre son temps. « C’est très viriliste la quête de la performance, de la vitesse » souligne-t-elle. Elle puise à travers la ménopause l’occasion de s’affranchir des injonctions liées aux corps des femmes. « Depuis que j’ai mes règles je ne suis là que pour être utile à la société, les bouffées de chaleur c’était comme le féminin étouffé ».

Plutôt que de regretter son corps fécond, ces femmes repensent la fertilité dans un champs plus large.« A partir de 40 ans j’ai commencé une reconquête de mon corps qui est passée par la reprise d’une activité physique » raconte Cécile qui nage en club depuis 15 ans. Mais c’est aussi sa volonté de conquérir et garder sa liberté surtout lorsqu’on est dans une relation sentimentale depuis longtemps. Partie seule pendant deux ans en Outremer, la professeure d’histoire géo soutient une thèse à 53 ans. Un renouveau global qui trouve un écho chez Anne. « J’envisage une nouvelle vie de couple que je m’étais pas autorisée jusqu’à maintenant ainsi qu’un nouveau projet professionnel ».

« Je n’ai jamais été aussi libre de ma vie ! »

Décidée de ce qui est bon pour elle est aussi le mantra de Sophie qui a vécu une triple peine, « femme de 45 ans dans une agence de pub ! ». Une pression professionnelle constante qui prend fin à la veille de ses 50 ans. « Au sein d’une famille recomposée avec une adolescente qui avait des problèmes de santé, je n’étais pas épaulée par mon compagnon ». Le départ prochain de sa fille vers l’Australie est un déclencheur. « Je me suis dit il me faut aussi mon projet. J’ai demandé ma mutation dans le sud ouest, j’ai un job dans une ville inconnue. et c’est un vrai challenge ! ».

Anne se réjouit d’avoir trouvé sa place dans une entreprise pour qui l’avancée en âge n’est pas un sujet et où elle anime un cercle de paroles féminines. « C’est une chance,à partir du moment où l’expérience de vie est valorisée ça donne des ailes même si je devais changer de boite demain ». Un prisme positif que résume Florence, « il y a dans la ménopause comme un changement de mission, et c’est pour ca que les femmes sont invisibiliséee car elles n’ont plus d’ intéret pour la société. Car elles ne vont être qu’elles mêmes.».

Leurs bonnes pratiques :

  • On peut regarder tout ce que nous avons accompli dans nos vies, on a toutes forcément réussi des choses.
  • Faire une liste de deuil de tout ce qu’on avait pas réussi a faire et qu’on ne pourrait plus faire, de facon à laisser de la place pour autre chose.
  • Rappeler les amis perdus de vue depuis la naissance des enfants.
  • Recréer du partage de savoir entre femmes.
  • Parler aux femmes plus jeunes pour les conseiller et qu’elles fassent le choix de penser à elle. 

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