LES PLUS DE 65 ANS PARTAGENT 7 FOIS PLUS DE “FAKE NEWS” QUE LES JEUNES

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Une étude en sciences politiques conduite aux Etats-Unis et publiée le 9 janvier par la revue “Sciences Advanced” fait un lien direct en l’âge et la diffusion de fausses informations.

Trois chercheurs en sciences politiques ont analysé les réponses de plus de 3500 américains et le contenu des comptes Facebook de la moitié d’entre eux concernant le partage de fausses informations sur les réseaux sociaux au cours de la campagne présidentielle américaine de 2016. Et si la plateforme sociale est privilégiée pour faire circuler ces informations, les auteurs de l’étude s’interrogent sur “la transmission sociale”. Y-a-t-il des facteurs spécifiques qui expliquent la propagation de ces fausses nouvelles sur les réseaux sociaux ?

Le partage des “fake news” n’est pas courant

Premier constat, ce comportement est rare sur les plates-formes sociales, la grande majorité des utilisateurs de Facebook répondant à cette étude n’a pas partagé d’articles diffusant de fausses informations en 2016. Celles-ci ont été définies comme des articles destinés à tromper et ayant été identifiées par des sites de vérification. Ce qui ne signifie pas qu’ils soient restés passifs puisque 61,3% d’entre eux ont partagé entre 100 et 1000 liens au cours de la période étudiée. Les chercheurs émettent l’hypothèse que “les personnes qui partagent de nombreux liens(…) sont en mesure de faire la distinction entre fausses nouvelles et vraies nouvelles”.

L’information majeure de l’étude est le lien direct entre le groupe d’âge des internautes et le nombre moyen de fausses nouvelles partagé sur Facebook. Les personnes de plus de 65 ans en partagent en moyenne deux fois plus que ceux du deuxième groupe le plus âgé ( les 45-60 ans). D’autres facteurs comme l’appartenance à une idéologie politique, l’éducation ou des données démographiques ne diminuent pas la pertinence du critère de l’âge.

Les personnes de plus de 65 ans partagent près de sept fois plus de fausses informations sur Facebook que ceux appartenant au groupe d’âge le plus jeune (18-29 ans).

L’âge est un critère pertinent

Les chercheurs en sciences politiques justifient ce résultat par le fait que les américains de plus de 60 ans n’auraient pas un niveau d’initiation aux médias numérique suffisant pour juger de la fiabilité des informations diffusées en ligne. Ce faible niveau de culture digitale serait aggravé par la tendance à considérer comme crédible tout ce qui est publié en ligne. Ils évoquent également le déclin de la mémoire qui rendrait cette population plus perméable aux fausses informations.

En conclusion les chercheurs invitent à poursuivre cette étude en se penchant notamment sur le rôle du fil d’actualité et de l’environnement du réseau social sur la tendance des gens à voir, à croire et à diffuser un contenu douteux. Comment la confiance sociale dans les réseaux influence-t-elle la relation entre l’âge et le partage de la désinformation? Par ailleurs l’étude souligne la nécessité de ne pas de ne pas réserver l’éducation aux médias aux plus jeunes générations.