KERSTI KALJULAID, LA PRÉSIDENTE DE L’ESTONIE BRIGUE LA TÊTE DE L’OCDE

Kersti Kaljulaid ©Annika Haas (EU2017EE)
Kersti Kaljulaid ©Annika Haas (EU2017EE)

La direction de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) suscite de nombreuses candidatures. Parmi lesquelles celle de la cheffe de l’Etat balte. A la tête de son pays depuis 2016, Kersti Kaljulaid, 50 ans, a impulsé une politique du tout digital qu’elle compte bien mettre en avant dans sa campagne.

A Paris vendredi, la cheffe d’Etat était en campagne au siège de l’OCDE pour le poste de Secrétaire général. L’organisation née dans l’après guerre pour la mise en œuvre du plan Marshall produit essentiellement des études et des prévisions économiques. Composée de 37 membres, son rôle est essentiellement consultatif . L’institution internationale posséde la plus importante base de données économique au monde. Mais son incapacité à réformer la fiscalité des géants du numérique avant la fin 2020 est le reflet de divisions profondes. Notamment l’opposition des Etats-Unis à toute législation fiscale concernant les GAFAM. (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).

La transformation réussie du numérique

Face à Kersti Kaljulaid, 3 hommes dont Chris Liddell conseiller de Donald Trump et la suédoise Cecilia Malmström, ex commissaire européenne pour le commerce. La présidente quinquagénaire de l’Etat Balte appuie sa campagne sur la réussite de sa politique du tout numérique. En quelques années, l’Estonie a fait avec succès sa révolution digitale. Selon l’association France Estonie, 85% de la population a accès à internet en haut débit. Une réussite qui permet une dématérialisation des procédures administratives à grande échelle puisque aujourd’hui “L’e-administration gère 200 services”.

La libéralisation de son économie

Au cœur de ce modèle où la sécurité de l’identité numérique des citoyens est vantée, Kersti Kaljulaid avance aussi des arguments économiques. Dans une entretien à Challenges, la scientifique, spécialiste en génétique met en avant la révolution opérée depuis “l’occupation” soviétique. “En 1991 notre salaire moyen était de 35 euros mensuels, aujourd’hui il est de 1300 euros”. Face au retard de l’Europe vis-à-vis des grands pays de la tech, l’exemple balte veut être une référence européenne . A l’aune de ce changement de paradigme, la présidente souhaite impulser une réforme fiscale et sociale au sein de l’OCDE.

Réformer l’OCDE

Dans un tweet, l’ex membre de la Cour des comptes européenne explique que l’institution “doit fournir une analyse scientifique pour s’adapter rapidement aux changements du monde”. Elle considère que le rôle de l’OCDE est de faciliter la “grande transition de l’économie industrielle à l’économie numérique, et de l’énergie fossile à l’énergie propre” en s’appuyant sur une numérisation à grande échelle de la société. Et de proposer qu’elle soit mise particulièrement au profit de la silver économie. “Il faut reconnaitre le potentiel d’un monde plus numérisé afin de soutenir nos sociétés vieillissantes”.

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