IRENE BELLONCLE LANCE LE PREMIER SITE D’APPEL D’OFFRES POUR LES VOYAGEURS

Irène Belloncle
Irène Belloncle

Si la multitude des comparateurs de vols et d’hôtels vous donne le tournis, alors YREN va sauver vos projets de vacances. En ligne depuis le 12 juin dernier, le site conçu par Irène Belloncle, 52 ans, est une plateforme qui connecte la demande des voyageurs à des agences sélectionnées. Sur le portail, pas de grands généralistes du voyage. “Le voyage organisé où on vous plante à un endroit pour vous en faire ressortir vite fait 30 minutes après c’est pas du tout mon éthique” commente cette passionnée du “voyage en immersion”. Détestant les mois de stage dans une agence “à vendre des voyages sur papier glacé coincée derrière un comptoir”, la fondatrice de la plateforme revisite les codes du genre. Armée de ses années d’expériences comme courtier en voyages elle murit son concept d’une évidente simplicité. Avec le slogan “Laissez les offres venir à vous sans bouger de chez vous”, Irène Belloncle connecte en synergie les voyageurs et les professionnels du secteur. Entre doutes et d’obstacle l’entrepreneure concrétise une passion née très tôt. Interview.

Le voyage c’est un métier ?

C’est une passion que j’ai transformée en métier. J’avais deux souhaits dans la vie. Soit être styliste soit forfaitiste c’est-à-dire visiter les pays pour monter des séjours pour une agence de voyage. J’ai commencé par le premier qui n’a pas abouti. Je me suis dit c’est pas grave, après les enfants je m’attaquerais à mon rêve numéro deux travailler dans le tourisme.

D’où vient cette passion du voyage ?

Quand j’étais enfant on partait tout le temps en vacances avec mes parents. A l’époque pas d’avion low cost mais la bonne vieille voiture, la caravane et le camping sauvage. On partait tout le temps dans les pays limitrophes de l’Europe : Ecosse, Angleterre, Autriche, Espagne … Pour un oui pour un non on partait. Il y avait une route qui partait à droite on sait pas où elle mène ? On y va ! On arrive dans des coins nichés au creux de la montagne, hop on plantait la tente. J’ai toujours ce côté curieux qui est resté. Puis au fil du temps j’ai créé des voyages pour moi, des amis, puis des gens que je ne connaissais pas. Tout ça m’a ammenée à m’occuper des vacances des autres.

 

Le voyage idéal ce n’est pas une destination mais l’approche du voyage en lui même qu’on en fait !

 

Simple à raconter mais il s’est écoulé 7 ans avant le projet YREN ?

C’est le périple de l’entrepreneure avec de gros moments de solitude ! Je me lance dans le projet de courtier en voyages. Les voyageurs déposent une demande de séjour et je recherche la meilleure agence organisatrice. Je mets en avant des agences de voyage qui connaissent vraiment la destination, qui répondent à vos critères et ne cherchent pas à vendre à tout prix un hôtel. Je passais beaucoup de temps derrière mon ordinateur. De nombreux courtiers franchissent la ligne jaune pour être agent. Ce n’est pas mon cas. Avec le temps j’ai de plus en plus de demandes qualitatives et la reconnaissance du secteur du tourisme lorsque je suis repérée et sélectionnée pour le trophée du Syndicat National des Agences de Voyages en 2010. Je me suis aperçue que j’ai fait la plus belle étude de marché, je connais mon métier par cœur, je suis très pointue, donc il était temps que je me lance.

 

On disait Irène elle s’amuse. On ne parlait jamais de moi comme travaillant. Je me disais c’est pas grave un jour j’aurais ma revanche ! Ca m’a donné une rage de réussir. J’ai fait ça toute seule et j’en suis fière.

 

Comment nait l’idée de renverser la relation voyageur agence ?

Je voulais me développer et si je continuais comme ça je ne pouvais pas avancer. Je suis retourner à la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) qui me suggère de faire un “business canvas”. Je mets à plat sur une immense feuille blanche mes clients, mes offres, ma communication. Je pose des post-it partout pour affiner la stratégie. D’un côté il y a les voyageurs qui font appel à moi et de l’autre les professionnels du tourisme, des agences de voyage atypiques qui ont des offres. Les deux post it sont face à face. J’avais la réponse sous les yeux. Mon modèle c’est l’appel d’offre ! Je mets les demandes en avant et ce sont les professionnels qui y répondent. On revient aux valeurs du voyageur. C’est lui qui part. Il ne doit pas faire d’effort.

 

Ecran accueil YREN
Ecran accueil YREN

 

Quelle est la plus grosse difficulté de la mise en place de ce concept ?

J’ai mis un an pour trouver un webmaster qui puisse traduire ce concept. Je voulais amener quelque chose d’assez ludique. C’est un investissement financier lourd.  Maintenant je me concentre sur la sélection des agences. Je vais les voir, il faut qu’il y ait un vrai feeling. Elles doivent faire une demande d’adhésion et signer une charte assez rigoureuse. La prochaine étape sera d’ici deux ans d’envisager une levée de fonds.

 

Le but c’est que tous les matins les agences françaises et francophones du monde aient comme réflexe de venir cliquer sur Yren pour voir les demandes qui les intéressent.

 

Que recherchent vos voyageurs ?

Les gens s’y prennent à l’avance. J’ai des demandes pour août 2018. Je ne fais pas de dernière minute. Je fais de la qualité. On prend soin des gens. Le maître mot est la quiétude. Un directeur de banque habitué à partir en voyage organisé avec Havas voulait visiter le Laos et le Vietnam avec sa femme malentendante. J’ai pris soin avec l’agence de prendre des guides qui savaient qu’elle était malentendante, ils ont eu un périple adapté à eux. Les agences sélectionnées ne font pas partie de grands groupes. YREN leur donne de la visibilité. Il y a un juste échange.

 

 

 

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