CESSONS D’ASSOCIER LE NOM DES FEMMES AUX ACTES CRIMINELS DES HOMMES DE LEUR FAMILLE

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illustration ©Unsplash

Le nom d’Audrey Pulvar a été associé en quelques heures aux accusations de pédocriminalité visant son père Marc Pulvar. L’usage du patronyme des femmes est trop souvent mis en avant dans des affaires criminelles impliquant un membre masculin de leur famille.

La candidate socialiste à la présidence de la région Ile de France a été associée bien malgré elle à des faits concernant son père. La figure du syndicalisme martiniquais décédée en 2008 est accusé d’avoir commis des actes pédocriminelles. Les trois femmes qui dénoncent ces actes subis par elles sont les cousines d’Audrey Pulvar. Dans une tribune la conseillère territoriale Karine Mousseau, Barbara Glissant et Valérie Fallourd souhaite “En finir avec cette héroïsation du personnage”.

“Ne pas nous substituer à leur parole de victimes”

“Marc Pulvar, alias Loulou pour les intimes, était un prédateur sexuel” poursuivent-elles. Audrey Pulvar a déclaré à l’APF soutenir sans réserve ses cousines et ne pas s’être exprimée pour respecter leur souhait. “Tant qu’elles ne souhaitaient pas s’exprimer publiquement, ce n’était pas à nous, à moi, de nous substituer à leur parole de victimes“. Une position qui a suscité des commentaires suspicieux comme ce titre de Femmes Actuelles rappelé par Libération. “Audrey Pulvar : son père accusé de pédophilie, elle savait depuis 20 ans”.

“Toujours la faute des femmes”

Toutefois de nombreux soutiens se sont exprimés. “Pourquoi c’est toujours la faute des femmes ???” interroge la féministe “Minute Simone”. Une question largement reprise par l’écologiste Sandrine Rousseau qui rappelle que “La question de la responsabilité des actes commis n’incombe qu’à la personne qui les a commis”. Une évidence pour l’autrice Rokhaya Diallo qui invite plutôt à “se concentrer sur les non-dits sociétaux, les impasses de notre système judiciaire, le manque de prévention des actes d’inceste”. Ancienne ministre ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol qualifie de “misérables rapaces” “ceux qui tentent d’associer la fille au père”.

Les médias qui ont publié la photo d’Audrey Pulvar pour parler de son père perpétuent inconsciemment l’idée que les femmes doivent réparer les fautes des hommes, même quand elles ne les ont pas commises. Ce traitement désastreux n’est pas le premier du genre. La chanteuse Adèle a subi une situation équivalente, lorsque son frère Roméo Elvis a été accusé d’agressions sexuelles. A chaque fois leur photo et leur nom ont été mis en exergue pour parler des accusés.

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