MARGARET HAMILTON LA FEMME QUI A PROPULSÉ APOLLO 11 SUR LA LUNE

Margaret Hamilton

50 ans après avoir marché sur la lune, Les hommes de la mission Apollo 11 restent les héros de la conquête spatiale. Pourtant l’exploit célébré au masculin pluriel a longtemps oublié la femme qui a permis leur succès : Margaret Hamilton.

Redécouverte récemment, la mathématicienne américaine Margaret Hamilton a joué un rôle central dans la réussite de la mission Apollo 11. Femme de sciences, elle sera la première ingénieure logiciel de la NASA. Dans les années 60, les femmes codeuses ne sont pas rares. “En 1965, aux États-Unis, on trouve 30% de femmes en programmation. En 1982, 35% des emplois d’informaticiennes et d’informaticiens en France sont occupés par des femmes” rappellent Slate. Elles s’effacent lorsque la technologie numérique devient un enjeu de pouvoir.

Une pionnière féministe

Née le 17 août 1936 à Paoli dans l’Indiana, Margaret Hamilton obtient une licence de mathématiques en 1958, avant d’intégrer le MIT où elle développe des programmes informatiques de prévision météorologique avant de travailler sur le programme militaire SAGE, système de défense aérienne conçu grâce à l’ordinateur le plus puissant jamais construit à l’époque. Au cours de cette période, elle s’affranchit du rôle que le société américaine attribue aux femmes. Le site Makers s’en fait l’écho. Alors que son mari étudie à la prestigieuse Université d’Harvard, Margaret Hamilton refuse de se contenter de servir le thé, comme le font les épouses des étudiants en droit. “Si je vais à la Harvard Law School, je ferai ce que les hommes font”.

Le premier titre d’ingénieure logiciel

Lorsque l’informaticienne apprend que la NASA recherche des programmeurs pour envoyer des hommes sur la lune, elle veut en être ! En 1963, elle intègre le laboratoire Draper du MIT qui travaille sur les logiciels embarqués à bord des vaisseaux spatiaux. Elle prend la tête de l’équipe chargée de développer les logiciels du programme d’Appolo 11. Propulsée au titre d’ingénieure logiciel, elle travaille essentiellement avec des hommes dont les épouses s’occupent des enfants. Divorcée, elle détonne en venant accompagner de sa fille, la nuit et les week ends pour tester le logiciel. Une attitude qu’on lui reproche mais qui va avoir des répercussions insoupçonnées sur le déroulement de la mission.

La fille de Margaret Hamilton déjoue un bug

Le site Wired raconte l’anecdote. “Un jour, Lauren jouait avec le clavier du simulateur, un message d’erreur est apparu. Elle avait sélectionné le programme de pré lancement alors que le vol était à mi chemin” et toutes les données du vol ont été effacées faute de mémoire suffisante. Il n’y avait aucune raison que cela arrive lors de la mission assure ses supérieurs, mais soucieuse, Margaret Hamilton décida d’ajouter une sécurité au programme en implémentant une priorisation des tâches. Une initiative qui permet l’alunissage d’Apollo alors que 3 minutes plus tôt l’ordinateur de bord ne parvient plus à traiter simultanément les données.

Si l’ordinateur n’avait pas reconnu le problème et entrepris ces actions de récupérations, je doute qu’ Apollo 11 aurait réussi son atterrissage sur la Lune comme il l’a fait.

Margaret Hamilton (Wikiwand)

Elle quitte le MIT en 1970 et cofonde l’entreprise Higher Order Software, puis Hamilton Technologies pour développer des solutions autour du langage Universal Systems Language (USL) qu’elle a conçu à partir de ses travaux au MIT. Se remémorant ces années, l’ingénieure explique dans une interview accordée à la NASA et reprise sur le site de France Culture. “Nous devions trouver un chemin, et nous l’avons fait. Quand je regarde en arrière, nous étions les personnes les plus chanceuses au monde : nous n’avions pas d’autre choix que d’être des pionniers”.

Une femme inspirante pour les générations suivantes

Disparue du récit glorieux de la conquête de la lune, Margaret Hamilton reçoit en 2016 (à 80 ans) la plus haute distinction américaine accordée à un civil. Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté. “Son exemple parle de l’esprit de découverte américain qui existe chez toutes les petites filles et tous les petits garçons qui savent que regarder au-delà des cieux, c’est regarder au plus profond de nous-mêmes”. Aujourd’hui des femmes marchent dans ses traces. En ce jour anniversaire, la scientifique et entrepreneure française, Aurélie Jean a annoncé sur Twitter sa nomination en qualité de mentor au sein d’un programme d’incubation de la NASA.

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