LES “COÛTS CACHÉS” DE LA PANDÉMIE SUR LA SANTÉ DES FEMMES

© Ashkan Forouzani/Unsplash
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Une étude produite par Axa démontre ce que l’on pressentait déjà depuis le début de la pandémie. La santé des femmes tant physique que mentale est profondément impactée. Un panel de 8000 femmes de 8 pays européens ont répondu à cette vaste enquête. Les résultats sont édifiants.

A l’occasion de l’édition digitalisée du Women’s Forum, Thomas Buberl, CEO d’Axa a présenté les résultats de cette étude. L’enquête s’intéresse aux effets de la crise sanitaire sur la santé des femmes et rapporte de quelle manière elles ont abordé les soins au cours de cette période. La pandémie a mis en exergue l’engagement des femmes en 1ère ligne, que ce soit dans les écoles, les hopitaux mais aussi des soins à domicile. Elles sont, confirme l’étude les “manager de la santé” au sein des familles.

Les femmes sont les plus vulnérables

L’étude souligne qu’en Espagne, depuis le début de la pandémie, les 3/4 du personnel de santé infectés par le Covid sont des femmes. Plus vulnérables, elles ont au sein de leur foyer fait passer la santé de leur famille avant la leur. 63% disent prendre les rendez vous médicaux de leurs enfants, partenaires et parents. Une charge mentale qui leur fait négliger leur propre santé, repoussant les visites médicales de contrôle. 40% des enquêtées et même 50% en Espagne ont reporté ces rendez vous y compris lorsqu’il s’agit de cancers.

Au Royame Uni on estime qu’un million de femmes sont passées au travers du dépistage régulier du cancer du sein dans les 2 premiers mois du confinement.

60% des patientes qui ont une maladie chronique ont pris du retard dans la prise de leur traitement et dans le suivi de la maladie

60% des patientes atteintes de maladies chroniques ont retardé la prise de leurs traitements en raison du manque de capacité d’accueil des hopitaux, mais aussi par peur de la contamination par le virus. Marie Ellsberg, Directrice fondatrice du Global Women’s Institute, à l’université George Washington souligne un autre facteur aggravant. “De nombreuses femmes sont devenues des soignantes et des éducatrices à plein temps en plus de leur travail quotidien”. Un stress supplémentaire qui permet d’évaluer la question de la santé mentale peu considérée jusqu’à maintenant.

Prendre en compte la santé mentale

L’étude s’intéresse à cet aspect de la santé si négligé par les pouvoirs publics. Et c’est l’un des grands intérêts de cette étude. Plus de la moitié des femmes interrogées s’inquiètent de la détérioration de leur santé mentale. 52% d’entre elles expriment la crainte de l’isolement, de tomber malade et de ne plus pouvoir prendre soin de leur famille. Et 44% confient s’être senties seules pendant le confinement. Seule une sur trois dit qu’elle pourrait être plus attentive à sa propre santé dans les 6 mois à venir.

Les pistes à explorer

Parmi les solutions qui favoriseraient une meilleure gestion de leur santé, 34% des femmes souhaiteraient un accès plus simple et plus rapide à un médecin. Et c’est tout particulièrement important pour les femmes de plus de 45 ans et celles qui ont vécu la 1ère vague de contamination en Espagne et en Italie.

Somesh Chandra, Chef de la santé publique des Marchés européens chez Axa diagnostique: “Notre système actuel (de soins) est conçu par des hommes pour des hommes. Beaucoup de femmes peuvent travailler dans le secteur de la santé, mais les hommes occupent toujours la plupart les postes de décision”. Et ce n’est pas anodin, puisque la recherche s’intéresse moins à la santé des femmes. Le rapport cite les symptômes des maladies cardiaques que même les médecins ne détectent pas tant ils diffèrent de ceux des hommes.

Au Royaume-Uni, moins de 2,5 % de la recherche financée par les pouvoirs publics est consacrée à la santé reproductive bien qu’un tiers des femmes souffriront de problèmes gynécologiques au cours de leur vie

L’étude préconise 5 pistes d’amélioration. Parmi lesqsuelles une approche intégrative de la santé incluant la santé mentale et le bien-être, un développement des technologies numériques permettant aux femmes de mieux suivre leur santé. Le rapport plaide pour soutenir la recherche sur la santé des femmes afin d’améliorer les diagnostiques des différents symptômes entre les sexes.

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