BIBLIOTHÉQUE IDÉALE : “NOS ESPÉRANCES” AU CŒUR DES AMITIÉS FÉMININES

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photo d’illustration birmingham museum trust

“Nos espérances” 3ème roman de l’écrivaine Anna Hope livre trois portraits de femmes, trois amies font le bilan de leurs bonheurs et leurs galères.

Cate, Hannah et Lisa sont amies depuis 20 ans. Anna Hope, nous embarque dans le périple de leurs joies, leurs peines, leurs errements. Car la vie, en fait, c’est tout sauf un long fleuve tranquille.

Le roman débute alors que les jeunes femmes ont 35 ans, elles sont à la croisée de décisions importantes, qui influenceront profondément les années qui suivent. Le récit se tisse sur des flashbacks entre plusieurs périodes de leurs vies, style caractéristique de l’autrice.

J’ai plongé dans l’histoire de ces héroïnes du quotidien avec délectation, impossible de ne pas succomber à l’effet miroir de leurs vécus et de leurs tiraillements intérieurs. Lisa est actrice, peine à percer, galère dans sa vie amoureuse. Hannah est une “control freak” qui entame sa troisième FIV (fécondation in-vitro). Cate est mère d’un adorable bébé qui l’empèche de dormir et qui n’est pas certaine de trouver la vie à la campagne “so charming”.

Les femmes sont au cœur des romans de Anna Hope

Anna Hope a ce chic de vous happer dès la première phrase, elle a une écriture délicate, empathique et les pages se tournent avec bonheur. Son premier roman paru en 2014 “Le Chagrin des Vivants” est une réussite saluée par la critique et le public. A lire de toute urgence si ce n’est pas fait.

Les femmes sont au cœur des romans de l’autrice, elle a ce besoin de raconter la vie depuis ce prisme : les besoins de sécurité, de rébellion, d’appartenance, comment arriver à combiner une vie à soi et une vie de famille. Comment s’épanouir ?

Elles aimeraient arrêter le temps – ici, maintenant dans ce parc, dans cette splendide lumière d’après midi. Elles aimeraient que les prix de l’immobilier restent abordables. Elles aimeraient fumer des cigarettes et boire du vin comme si elles étaient encore jeunes et que cela n’avait aucune répercussion. Elles aimeraient s’enfuir ici, dans la beauté de ce doux après-midi de ce mois de mai (…) Elles ont encore la majeure partie de la vie devant elles. Elles ont fait des erreurs, mais rien de fatal. Elles ne sont plus jeunes, mais ne se sentent pas vieilles. La vie est encore malléable et pleine de potentiel. L’entrée des chemins qu’elles n’ont pas empruntés ne s’est pas encore refermée. Il leur reste du temps pour devenir ce qu’elles seront”

“Que garde-t-on du modèle de nos mères ?”

La mère de Lisa, est une féministe activiste, elle lui dira “On est allées changer le monde pour vous. Pour nos filles. Et vous qu’en avez-vous fait?” Roman intergénerationnel, qui renvoie cette question existentielle : “que garde-t-on du modèle de nos mères ?” Cate a perdu la sienne à l’adolescence et se sent seule face à sa propre expérience de la maternité. Hannah regarde ces parents toujours joyeux après trois décennies ensemble qui ne demandent rien de particulier à la vie si ce n’est de regarder leur émission fétiche, aller se coucher tôt et aimer leurs enfants.

Que faire des renoncements ? Peut-on tout avoir? Quelles batailles choisir ? Chacune a un peu de ce que l’autre voudrait, l’amitié profonde pourrait se fissurer si elles n’y prennent pas garde. Depuis l’université elles se soutiennent contre vent et marées, en sera-t-il toujours de même ?

Elles sont à l’âge du deuil de la vie “parfaite”, l’âge des choix douloureux et de l’apaisement qui suit. Anna Hope en parle avec justesse.

Ce roman se lit avec aisance et plaisir même si l’histoire est un peu convenue.

Anna Hope, Nos Espérances, Gallimard, 357 pages

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