AVEC “TCHIKA” LES PETITES FILLES ONT ENFIN LEUR MAGAZINE INTELLIGENT

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Les mascottes du magazine Tchika ©TchikaMag

Déconstruire dès le plus jeune âge les stéréotypes de genre voilà le propos de la créatrice de Tchika. Elisabeth Roman a décidé d’en finir avec le rose dégoulinant des magazines pour filles. Pas de paillettes ni de gentilles princesses au sommaire de ce trimestriel de 52 pages. Sa fondatrice, ex rédactrice en cheffe de Science & Vie Découvertes nous raconte pourquoi et comment en finir avec la fabrique des clichés de genre dans la presse jeunesse.

Elle n’en revient toujours pas. Le crowfunding lancé sur la plateforme de financement participatif Ulule a atteint son objectif en seulement 13 jours, preuve s’il en fallait une que le sujet est sociétal. “J’ai reçu des messages qui disaient : enfin le magazine que j’attendais ou que j’aurais aimé avoir quand j’était petite” ! Tchika est né d’un constat lors de ses années au sein du groupe Mondadori. “Il n’y avait que 40% d’abonnées sur les sujets scientifiques que l’on abordaient” déplore l’ex rédactrice en cheffe qui observe le rose des magazines pour petites filles coloré les kiosques. “Il n’y avait rien sur l’empowerment et en même temps, l’édition jeunesse commençait à s’y intéresser avec des livres comme “Histoires du soir pour filles rebelles”.

Déconstruire les stéréotypes

Elisabeth Roman se lance après un passage au sein du Tank Média, incubateur dédié à l’émergence de nouveaux projets éditoriaux. Elle construit très rapidement une communauté en attente d’une proposition innovante et authentique. “Cela correspond à un véritable engagement, ce n’est pas un coup marketing” ! Conçu sur un ton oralisé et humoristique le magazine disponible uniquement sur abonnement reflète “un état d’esprit”. Au sommaire, des news scientifiques, une Tchika d’or” inventive, comme cette petite fille qui a créé des “pailles glaçons” pour en finir avec le plastique, une double page qui déconstruit les stéréotypes. “C’est la première fois dans la presse ou on écrit un titre et on le barre. Le rose c’est que pour les filles”. La journaliste raconte : “Henri IV habillé en dieu de la guerre portait un costume rose bonbon !

Représenter toute la diversité des filles

Tchika met à l’honneur des filles et des femmes planquées derrière l’actu. Même les héroïnes de fiction y ont leur place. Fantomette ouvre le bal. “Elle m’a portée pendant mon enfance, une petite fille qui vit seule, qui a les cheveux courts et qui enfile son justaucorps pour rendre la justice”. In fine, une représentation très masculine courante alors dans l’édition jeunesse. “On peut y ajouter Claude du “Club des 5″ qui a un prénom masculin ! Par contre sa cousine, Annie a des jupes plissées et est un peu gnan gnan ! J’ai toujours détesté le club des 5, je pouvais pas m’identifier à Claude, parce qu’on disait que c’était un garçon”. Aujourd’hui toutes les filles sont des superhéroïnes comme le proclame le slogan de Tchika. Elles sont représentées par 4 mascottes dessinées par l’illustratrice Isabelle Mandrou. “Je voulais qu’elles représentent toutes les petites filles dans leur diversité, celles qu’on croise tous les jours”.


Créer un univers dédié à l’empowerment des filles

Aux remarques qui critiquent la création d’un magazine genré, la directrice de publication rétorque que les garçons ne sont pas exclus, mais que pour une fois, ils devront s’habituer à lire un vocabulaire féminisé. Alors pourquoi pas l’emploi de l’écriture inclusive ! Elisabeth Roman balaye l’argument. “L’écriture inclusive c’est difficile pour les enfants, il faut peut-être faire un genre neutre”. L’essentiel est de créer un lien fort avec les jeunes lectrices. Le magazine n’est qu’une étape. Elisabeth Roman souhaite construire un univers dédié à l ’empowerment des filles. “J’ai envie de créer plus qu’un magazine”. Ateliers, conférences et podcasts suivront pour que la déconstruction des stéréotypes deviennent une réalité au quotidien.

Il est encore temps de participer au financement participatif sur Ulule

Pour s’abonner c’est là : Tchika