UN RAPPORT POUR LUTTER CONTRE L’AGISME

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A la demande du Premier ministre, la députée Audrey Dufeu Schubert a rédigé un rapport sur la transition démographique. Publié le 12 décembre, il préconise 86 propositions pour lutter contre l’agisme et ses représentations négatives.

A l’heure de la réforme des retraites, le rapport sur la transition démographique pointe les effets négatifs de la culture jeuniste de la société. “Nos institutions, nos organisations, nos politiques participent de manière souvent involontaire à gommer les particularités d’un grand nombre de nos concitoyens parce qu’ils vieillissent”. Dans son introduction, la députée de Loire Atlantique rappelle que la discrimination fondée sur l’âge a été verbalisée sous le terme d’agisme par le gérontologue américain Robert Butler, en 1969.

L’âgisme

Cette référence qui concerne toutes les stigmatisations relatives à l’âge, est principalement réservée aujourd’hui aux personnes âgées. Le rapport suggère de dépasser la segmentation de l’âge pour que chacun puisse trouver sa place dans la société. “Désarroi collectif”, la peur du vieillissement induit les connotations négatives.“Le changement de regard sur le vieillissement s’effectuera selon la capacité des politiques publiques à s’adapter et à être agiles, au risque par facilité de vouloir unifier leurs approches par le seul critère de l’âge…

86 propositions

Trois questions sont au centre du rapport. Les représentations liées à l’âge “dans les médias, au travail, ou encore les politiques publiques”. Comment faire évoluer les regards et les relations intergénérationnelles. Le rapport préconise 86 propositions pour répondre à ces enjeux de société. Si l’âgisme est une construction sociale, la réponse doit passer par des actions de valorisation des personnes âgées. Classées en 6 chapitres, le rapport insiste d’abord sur la prise en compte des politiques locales. Et souligne particulièrement le véritable “angle mort” des politiques de quartier dans les villes.

Des études scientifiques montrent que les personnes âgées ayant une perception négative du vieillissement pourraient vivre 7,5 années de moins que ceux ayant des attitudes positives.

Discriminations positives

Concrètement, plusieurs pistes sont avancées : mise en place de structures d’habitats inclusifs “afin de développer une offre intermédiaire entre le domicile et l’EHPAD”, suppression du bilan de mi carrière à 45 ans “pour supprimer l’image négative des seniors en entreprise”, accroitre le niveau de formation des plus de 55 ans et surtout intégrer dans la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) “des plans de valorisation des compétences des seniors pour la retraite”. Par ailleurs, le rapport souligne la nécessité de la discrimination positive lorsque les sujets traités concernent les personnes âgées (EHPAD, hôpitaux…).

La sexualité des femmes seniors

Parmi l’ensemble des propositions tous azimuts, deux d’entre elles s’intéressent à la sexualité des femmes seniors. Elles soulignent notamment, la nécessité d’améliorer la formation des médecins pour accompagner les femmes ménopausées. Il s’agit de “permettre l’accomplissement du droit à la santé sexuelle des personnes âgées, et notamment des Femmes“. Une mesure tardive pour rétablir le déficit de formation en gynécologie médicale, voire 17 ans de vide total dans la formation des gynécologues médicaux”.

Les grandes transitions

Enfin, les grandes transitions sont évoquées. Le numérique avec la mise en place “d’écoles universelles mixant jeunes et seniors” pour mettre fin à “l’illétrisme numérique”. Mais aussi les mobilités sont prises en compte afin de favoriser l’autonomie en milieu rural. Le rapport préconise de développer des véhicules semi autonomes, à l’usage prioritaire des personnes âgées. Le rapport souhaite impulser un “big bang” “pour transformer la peur de vieillir en chance de vieillir”.

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