“UN PACTE SIMONE VEIL” POUR LE DROIT DES FEMMES EN EUROPE

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Dans une tribune publiée le 4 mai sur le site du JDD, Nathalie Loiseau et Marlène Schiappa lancent le “pacte Simone Veil” pour faire progresser “par le haut” le droit des femmes en Europe.

La tête de liste Renaissance aux Européennes et la Secrétaire d’Etat à l’égalité femme homme souhaitent “harmoniser par le haut les droits des femmes en Europe en incitant les États membres à introduire dans leur législation les mesures les plus avancées ayant fait leurs preuves” en Europe . Reprenant la “clause de l’Européenne la plus favorisée” portée par l’association La cause des femmes fondée par l’avocate féministe Gisèle Halimi, le “pacte Simone Veil” ambitionne d’obtenir une égalité réelle entre les hommes et les femmes au sein de l’Union européenne. La tribune souligne que si “les valeurs fondamentales de l’Europe” sont les plus à même de “servir la promotion des droits des femmes”, les disparités au sein de l’UE restent importantes.

Des disparités de droit au sein de l’UE

Sur les marqueurs des droits des femmes comme l’IVG, les deux femmes relèvent l’état des législations. “L’IVG demeure totalement interdite à Malte, proscrite sauf dans certains cas en Pologne ou à Chypre, fortement restreinte au Royaume-Uni ou en Finlande”. La tribune pointe les menaces sérieuses qui pèsent sur les droits acquis. Une référence au programme du parti populaire Vox qui juge les mesures contre les violences faites aux femmes discriminatoires pour les hommes. Et rappelle que la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique n’a pas été ratifiée par l’ensemble des Etats membres. A cette situation inégale sur la protection des femmes s’ajoute un déséquilibre dans la représentation des femmes au sein des instances européennes.

Des inégalités économiques

Seul un tiers des commissaires européens sont des femmes, 36% des députés européens sont des femmes, alors même que des pays comme le nôtre ont imposé une règle de parité stricte sur les listes de candidats”. De plus, seules 36,8% des françaises en âge de voter ont pris part au dernier scrutin en 2014. Sur le terrain économique, les inégalités demeurent. “En Europe le taux d’emploi des femmes est inférieur de 11% à celui des hommes. L’écart de rémunération avoisine 16%”. Le manifeste rappelle à toutes fins utiles la législation progressiste adoptée par la France : 1er Etat à verbaliser le harcèlement de rue et à instaurer des pénalités sur les écarts de salaires.

Le pacte Simone Veil s’inscrit dans le cadre de la Présidence Française du G7. En proposant le meilleur des initiatives aux Chefs d’Etats membres, la France entend instaurer les bases d’une diplomatie féministe ainsi que le collectif Women 7 le rappellera le 9 mai à l’UNESCO. Le manifeste s’engage également à mesurer les progrès réalisés concernant les droits sexuels et reproductifs, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et l’égalité salariale.

Le “pacte Simone Veil” fait réagir

Toutefois, si le constat est mathématique, des voix s’élèvent pour mettre en cause la politique française en la matière. Sur Twitter, la féministe Camille Froidevaux Metterie, s’interroge : “Alors pourquoi s’être opposé aux 4 mois de congé parental indemnisés à 50% du salaire et avoir limité la directive européenne à 10 jours de congé paternité quand l’Espagne instaurait 8 semaines ? La journaliste Alice Coffin rappelle qu’en matière de PMA, “75% des Etats de l’Union ont une législation plus favorable que la France aux lesbiennes et femmes seules”. D’autres internautes ont pointé “l’indécence politique” et ont conclu “Foutez la paix à Simone Veil “! A gauche, Manon Aubry, Clémentine Autain et Prune Helfter Noah, de la France Insoumise ont riposté ce jour, dans le JDD. “la destruction des services publics dans le secteur de l’accueil des enfants, des soins aux personnes, des services sociaux, reporte sur les femmes l’obligation d’assurer tout ce qui ne l’est plus ou mal par la puissance publique” écrivent-elles, avant de poursuivre “30% des femmes travaillent à temps partiel en France, contre moins de 8% des hommes”.

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