AU WOMEN’S FORUM LA QUESTION DE LA MÉNOPAUSE EN ENTREPRISE EST ENFIN SUR LA TABLE

Menpause at workplace
© Pavel Danilyuk Pexels

Le Women’s Forum qui se tenait jusqu’au 19 novembre à Paris s’est intéressé à la santé des femmes qui vieillissent, et tout particulièrement à la place de la ménopause en entreprise. Un thème bienvenu alors que la pandémie a accru les inégalités en matière de soins pour cette génération des 45-55 ans.

Intitulée  » No country for old women : Gendered access to better ageing », cette table ronde a posé la question de la place des femmes qui vieillissent au sein des entreprises. Pour la première fois le mot ménopause a fait son entrée dans le temple du business au féminin. Preuve que les mentalités évoluent mais aussi que l’invisibilisation des femmes de plus de 45 ans a également un coût pour les entreprises qui les délaissent.

Facteur d’opportunité ou d’effacement, la ménopause considérée du point de vue de l’entreprise est une période de multiples transitions comme l’ont rappelé unanimement les invitées de ce panel. Tanuj Kapilashrami, directrice des ressources humaines de Standard Chartered Bank a souligné le défaut d’informations sur cette transition dans la vie des femmes. Alors même que les femmes sont au sommet de leur carrière, elles sont en première ligne comme « soignantes en chef » auprès des parents vieillissants. Karima Silvent à la tête des RH d’Axa définit son profil type : une femme de 59 ans qui consacre 20h par semaine à cette charge du « care ».

L’invisibilisation

La fin des fonctions reproductives ne signifie pas l’arrêt de la productivité en entreprise. Elisabeth Jeffords, PDG de Hawkeye Therapeutics, entreprise mondiale de la tech dénonce l’invisibilisation qui accompagne cette transition. « La ménopause n’est pas la fin de la vie, mais seulement son milieu (…) Il reste beaucoup d’années à vivre et c’est le moment où les femmes ont de moins en moins de ressources même lorsqu’elles bénéficient de pensions ». Une évidence pour qui sait compter. Valérie Perruchot Garcia à la tête de la communication et des affaires publiques du laboratoire Jenssen dénonce le « silence assourdissant » de cette période de vie pour laquelle les femmes ne sont pas préparées.

Pourtant, il est urgent de considérer la situation de ces femmes qui sont souvent en capacité de leadership, d’être promues. L’entreprise doit les soutenir affirme Valérie Perruchot Garcia. « Nous devons trouver des solutions et cela doit commencer avec nous au sein des grandes entreprises internationales ». Un rôle nouveau inéluctable au vu du délitement des carrières des femmes après 45 ans. Tanuj Kapilashrami s’appuie sur une étude réalisée sur l’impact de la ménopause au sein des services financiers de son groupe. Sur les 250 000 réponses recueillies, la moitié des femmes affirment qu’elles seraient moins enclin à postuler pour une promotion et un quart d’entre elles envisageraient de quitter leur travail en prenant leur retraite ou en choisissant une reconversion.

Ouvrir la conversation sur la ménopause

Une question majeure qui sort la ménopause de l’intime pour la révéler comme une question économique. « Il est urgent d’ouvrir la conversation sur ce sujet sans tabou pour que les femmes restent dans l’emploi » propose Tanuj Kapilashrami. Une éducation et une prise de conscience qui doivent conduire à une politique de management flexible renchérit Elisabeth Jeffords. Karima SIlvent souligne que les femmes ont négligé leur santé au cours de la pandémie, reconnaissant toutefois que les questions de santé ont pris place au sein des entreprises. La directrice des RH alerte sur le sacro saint « culte de la performance ». « Il est difficile de reconnaitre qu’on n’est pas au meilleur de sa forme » ajoute-t-elle.

Et cette culture du secret sur la ménopause est illustrée par une anecdote racontée par Elisabeth Jeffords. « J’étais enceinte et devais faire une présentation importante et j’étais très essouflée et je n’ai pas cherché à le cacher. Au moment de la ménopause, en pleine levée de fonds, j’ai eu des bouffées de chaleur, ai-je retiré ma veste ? Non ». L’inconscient avec lequel les femmes ont appris à « dealer » avec leurs symptômes est prégnant. Aujourd’hui, Valérie Perruchot Garcia propose d’instaurer un lien intergénérationnel entre les femmes pour éviter l’effet « silo ». Car des 3 M (Mentruations, Maternité, Ménopause), seule la maternité a fait son entrée dans l’entreprise.

Laisser un commentaire

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.