À 59 ANS CATHERINE BRÉARD A DÉMARRÉ SA VIE D’ENTREPREUNEUSE AU JAPON

Catherine Bréard
Capture site © Catherine Bréard.com

La passion de Catherine Bréard pour la cuisine l’a conduite à devenir entrepreneuse au cours d’une seconde vie. Sous l’impulsion d’une promesse faite à son fils, elle aborde à l’aube de la soixantaine un nouveau parcours au Japon. Histoire d’une reconversion professionnelle hors norme.

Combien en ont rêvé ? Tout plaqué en chantant au revoir Président ! Catherine Bréard n’avait pas le profil scolaire des entrepreneurs, pas de diplôme d’école de commerce mais une farouche passion pour la patisserie. « C’était quelque chose que je n’ai jamais pu accomplir dans ma vie, c’est plus qu’une passion. » lance la créatrice d’une mousse au chocolat qui trouve ses premiers clients au Japon. Sa passion est une histoire de femmes qui se transmet sur 3 générations. « Ma grand-mère était cuisinière dans le début des années 1900, ma maman a suivi et moi j’ai grandi dans les fermes, Dans les champs et autour des bons produits ».

Dans sa première vie professionnelle, Catherine Bréard est loin des fourneaux et travaille au service formation de Pôle Emploi. Mais son fils installé au Japon lui demande de lui promettre de vivre sa passion. Celle qu’il appelle « Maman au chocolat » et qui deviendra le nom de la marque, donne sa démission et retourne à l’école. Un diplôme supérieur de cuisine agrémenté d’un premier prix de mousse au chocolat devant un jury prestigieux à Paris emporte la décision. « On a tout vendu, on est parti au Japon et on a monté la société ». Simple sur le papier.

L’entrepreneuriat démarre au Japon

Le départ est préparé. Une étude de marché confirme que la mousse au chocolat n’est pas commercialisée au Japon. Même si Catherine Bréard et son mari semblent faire un saut dans le vide, ils tissent depuis une dizaine d’années des réseaux grâce à leurs nombreux voyages pour rendre visite à leur fils à Tokyo. « Pendant un an et demi on a fait des dégustations gratuites avec un taux de satisfaction de 97% » se réjouit la créatrice de « Maman au chocolat ». L’engouement est rapide tout comme la médiatisation de cette jeune entrepreneuse de 59 ans.

Car les japonais sont de grands consommateurs de chocolat, tout particulièrement à l’occasion de la Saint- Valentin. La qualité du produit est relayée par la presse en France et au Japon, l’histoire de Catherine Bréard est porteuse et ses centaines de petits pots se vendent en quelques heures. Le calendrier des dégustations se remplit jusqu’à ce que le groupe Andros dénonce « une atteinte à la notoriété » et obtienne l’interdiction pour l’entrepreneuse d’utiliser le nom « Maman au chocolat ». « Nous avons été obligés de retirer tous les produits de la vente et d’annuler tous nos événements. Mettre à la poubelle tout ce qui avait été prévu en terme de packaging pour l’année 2020, puis le Covid est arrivé » s’attriste Catherine Bréard.

Se réimplanter en Normandie

De retour en France, la cuisinière redépose sa marque son sous propre nom et cherche des financements. Normande, elle fait appel à la région pour redémarrer son activité. Mais les banques sont frileuses et exigent que Catherine Bréard se porte caution personnelle. Ce qu’elle fait. Aujourd’hui, la créatrice des mousses au chocolat cherche à s’implanter sur son territoire d’origine. « Il nous faut aujourd’hui une usine de fabrication en frais, car nous sommes sollicités par des réseaux de distribution ». Loin d’être découragée, l’entrepreneuse est prête à poursuivre l’aventure et à transmettre. « Je raconte mon histoire car je suis la preuve que la reconversion professionnelle est une porte de sortie incroyable, on doit en parler de façon positive ».

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