LES « BRISEUSES DE SILENCE » DÉSIGNÉES « PERSONNALITÉ DE L’ANNÉE » PAR TIME MAGAZINE

Personnalité de l'année 2017 Time Magazine
La Une du Time

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Après Donald Trump en 2016, les femmes initiatrices du mouvement #metoo sont à l’honneur de la couverture du Time. Le très influent magazine américain a photographié 6 femmes qui ont osé brisé le silence pour dénoncer le harcèlement. L’actrice Ashley Judd, la lobbyiste Adama Iwu, l’ingénieure Susan Fowler enceinte de 8 mois, la chanteuse Taylor Swift, l’employée agricole mexicaine Isabel Pascual et une femme dont on ne voit qu’un bras coupé à droit de la photo (par crainte de représailles). Célèbres et inconnues elles incarnent toutes les victimes harcelées sexuellement. Un choix éditorial solidaire.

Dans un édito intitulé « The choice » – Le choix – Edward Felsenthal, rédacteur en chef du Time explique. « C’est devenu un hastag, un mouvement (…) mais ça a commencé par des actes de courage individuels ». Toutes racontent une histoire, leur histoire. Un chantage dans une suite à Beverly Hills, la publication d’un post sur un blog intitulé « Réflexion sur une année très, très étrange à Uber », des lettres qui dénoncent les comportements inappropriés des hommes politiques… Propagés sur les réseaux sociaux avec le #Metoo tous ces témoignages rebondissent dans 85 pays. Saluant au passage le travail de journalistes « déterminés » (Ronan Farrow du New Yorker à l’origine des révélations sur les agissements d’Harvey Weinstein) Edward Felsenthal rappelle que cette nomination  distingue le ou les personnalités qui ont le plus influencé les évènements de l’année, en bien ou en mal.

 

 

Charles Lindberg a inauguré en 1927 la couverture d’ « homme de l’année ». Puis suivent entre autres Chrysler (1928) et Staline (1939). Le choix de la rédaction ne valide pas un jugement moral mais une renommée croissante. Un dessin en couleur s’affiche en une bordé de rouge. Wallis Simpson la première femme occupera la une en 1936 et un couple celle de 1937 : le Général et  Mme. Chiang Kai-shek. Le Time étend l’idée de personnalité à un symbole, le combattant américaine (1950). Puis ce sera le PC en 1982. Le magazine ne cessera dès lors d’alterner entre icônes physiques et symboliques. Un groupe de quinze scientifiques, puis des américains de moins de 25 ans. Un choix que le Time justifie. « Parfois, personne ne semble dominer l’histoire actuelle autant que l’incarnation d’un groupe ». Les années 60 et les décades suivantes sont propices à cette vision. Les périodes de grand changement s’illustrent au travers de mouvement choral que seul un symbole peut résumer. Depuis « les bons samaritains » (2006) personnifiés par Bono, Mélinda et Bill Gates précèdent les « combattants d’Ebola »(2014). Le 6 décembre 2017 l’année écoulée ne peut s’incarner en une seule personne, preuve des changements puissants qui sont à l’oeuvre. « Si le silence entourant le harcèlement sexuel et l’agression avait été brisé par une seule voix, le monde aurait pu l’ignorer. Mais ensemble les centaines de femmes qui ont osé parler ont initié un mouvement qui a façonné 2017. Et il n’y a aucun signe qui montre que cela va s’arrêter. »

 

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