LE COLLECTIF “WOMEN 7” PRÉPARE LES RECOMMANDATIONS FÉMINISTES DU G7

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Photo d’illustration ©Katherine Hanlon

Regroupée au sein du collectif “Women 7” une centaine d’associations féministes nationales et internationales se réuniront le 9 mai à l’UNESCO en amont du G7 de Biarritz les 24 et 26 août présidé par la France. Leur but ? Que les 7 pays les plus riches de la planète adoptent des positions et des politiques féministes.

Le collectif W7 est né il y a deux ans en marge du G7 italien. Structuré et pérennisé lors de l’édition canadienne, ce groupe d’engagement (Il en existe 6 autres autres au sein du G7) propose aux Etats membres d’adopter une politique progressiste en matière de droits des femmes et des filles. Cette année, les ONG françaises Care et Equipop co pilotent l’édition 2019. Sophie Chassot, spécialiste des questions de genre au sein de Care explique la nécessité de faire un travail de plaidoyer auprès des Etats. “C’est vraiment la France qui va impulser des décisions cette année et proposer aux autres pays du G7 de suivre l’agenda qu’elle propose. Elle est force d’initiatives”. Le collectif entend mener ces actions lors des réunions des ministres du G7 afin d’effectuer des recommandations.

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Peser sur les politiques des Etats

Pour peser sur les politiques étatiques, le collectif féministe propose d’apporter son expertise de terrain. “Les associations féministes nationales et locales qui travaillent tous les jours pour le droit des femmes connaissent les solutions” explique Sophie Chassot. Même si les Etats discutent des droits des femmes, les barrières à une politique globale progressiste demeurent. Le récent refus des Etats-Unis d’adopter une résolution de l’ONU intégrant la reconnaissance du droit à l’avortement pour les victimes de viol de guerre en est un parfait exemple. Toutefois, l’an dernier au Québec, les Etats du G7 se sont engagés financièrement en faveur de l’éducation des filles dans le monde, notamment dans les pays en développement. Mais concrètement les marges de manoeuvre restent étroites. La responsable chargée de plaidoyer l’admet. “On essaie de jouer avec  les pays qui sont plus en faveur du droit des femmes et des filles au sein du groupe des 7 et d’acter des engagements forts car on sait que le G7 peut aussi influencer d’autres Etats”.

Les accords de paix ont 35% de chances supplémentaires de durer au moins 15 ans si les femmes participent aux processus. Pourtant, elles ne représentent que 8% des équipes de négociation et 5% des signataires. Il est primordial de s’assurer que les organisations et associations de droits des femmes et des filles soient invitées aux tables des négociations, et que leurs voix soient prises en compte tout au long des processus de paix

INSTAGRAM W7 source ONU Femmes

Des recommandations et des contributions financières

le W7 préconise en premier lieu que les Etats augmentent leurs contributions financières auprès des associations et ONG féministes. Puis plaide pour une meilleure gouvernance féministe au sein du G7. Une étape de consultation primordiale car comme le souligne Sophie Chassot, les leaders des Etats membres du G7 sont majoritairement masculins et ne se sentent pas nécessairement concernés par les thématiques impactant les droits des femmes et des filles. S’ébauche ainsi dans la lignée des politiques suédoises et canadienne une véritable diplomatie féministe. Si la France a adopté ce terme le 8 mars 2018, reste à savoir ce qu’il recouvre. “Pour l’instant chaque pays le définit un peu en fonction de ses priorités stratégiques et on aurait besoin de plus de clarté. Une diplomatie féministe doit englober la politique étrangère d’un pays dans toutes ses dimensions et ne pas se concentrer uniquement sur le droit des femmes et des filles”.

Le 9 mai, veille de la réunion des ministres du G7 en charge de l’égalité femme homme, l’UNESCO accueillera le rassemblement des associations composant le W7. Au programme, une série de tables rondes au cours d’un évènement public (sur inscription) pour discuter des priorités à mettre en oeuvre. Le mouvement remettra aux ministres concernés les recommandations à prendre en compte tout au long des réunions qui se dérouleront en amont et au cours du sommet de Biarritz.

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