POURQUOI LA MOBILISATION POUR LE CLIMAT EST PORTÉE PAR LA GÉNÉRATION Z ?

A girl with a white bear, at the march in Paris.
PARIS – FRANCE – photo illustration sept 2018 ©Raphael Bodin | Survival Media Agency

Un peu partout sur la planète, les manifestations pour le climat ont été portées par la génération Z. Leur légitimité ne cesse d’être interrogée par les détenteurs du pouvoir. Question d’âge ou aveu d’impuissance de ceux qui nous gouvernent ?

Icône de ce combat, la suédoise Greta Thunberg ( 16 ans) a choisi de faire la grève de l’école tous les vendredis ( FridaysForFuture) pour mener ses actions militantes. Elle entraine dans son sillage de nombreux adolescents dont l’activisme en faveur du climat a trouvé son point d’orgue le 20 septembre avec des manifestations massives dans plus de 160 pays. Impossible de minimiser leur rôle et de les renvoyer à leurs chers études. Consciente de leur impact, l’ONU a invité, ce samedi, une délégation de 500 jeunes à participer au sommet climatique afin de rencontrer la soixantaine de dirigeants réunis pour l’occasion.

La génération Z vivra les effets du réchauffement climatique

Seront-ils écoutés ? Trublions dans un monde où le pouvoir politique ne les considère pas (une partie d’entre eux n’ont pas l’âge de voter), les Z représentent 32% de la population mondiale, selon Business Insider. Cette génération (née après 1997) est native d’une époque dominée par la technologie et les réseaux sociaux. Une hyper connexion à laquelle s’adosse paradoxalement une quête de sens dans leur vie professionnelle. C’est aussi et surtout la première génération qui sera directement impactée par les effets du réchauffement climatique. Avec une espérance de vie grandissante, certains vivront jusqu’en 2100, comme le souligne le site Mongabay. Le temps d’observer la fonte et disparition des glaciers, la montée des océans et les migrations des réfugiés climatiques.

Une génération Z éduquée

Déplorant que les générations précédentes n’aient pas eu le sursaut (ou courage) nécessaire pour acter les changements nécessaires, la génération Z mobilise et pointe leur inaction. Toutefois, il ne s’agit pas d’une classe d’âge monolithique. Une étude réalisée par le collectif Quantité Critique révèle que les manifestants “font des études supérieures ou qui ont des parents qui appartiennent au salariat qualifié”. Moquée par leurs ainés, leur militantisme dérange. “L’adolescente suédoise et son cortège de paniques servent de caution à des militants écolo-catastrophistes qui veulent imposer une utopie verte – la fin de l’économie de marché et du confort -“ écrit Laurent Alexandre au sujet de Greta Thunberg dans l’Express. L’action de la jeune fille, autiste Asperger est régulièrement discréditée.

Une génération sous influence ?

Interrogé par France Inter, l’académicien Alain Finkelkraut affiche son mépris. “Je trouve lamentable que des adultes s’inclinent aujourd’hui devant une enfant. Je crois que l’écologie mérite mieux, et il est clair qu’une enfant de 16 ans, quel que soit le symptôme dont elle souffre, est évidemment malléable et influençable. Nous avons mieux à faire pour sauver ce qui peut l’être de la beauté du monde que de nous mettre au garde-à-vous devant Greta Thunberg et les abstraites sommations de la parole puérile”. Le terme est lâché à 16 ans on est une enfant, donc incapable de raisonner et sous influence. Oui mais laquelle ?

Ils ne vous ont jamais prise au sérieux, pas plus que les dizaines, les centaines de milliers de camarades qui vous ont rejoint tout autour de la planète. Mais tant que vous demeuriez une curiosité, ils pouvaient vous considérer comme telle, avec tout le paternalisme répugnant de ceux qui se sentent au-dessus de tout. Puis, à un moment donné, ils se sont rendu compte de l’avance que vous aviez prise sur eux – de tout ce que vous représentiez, et qu’ils vomissent : le courage, la probité, l’intensité, la joie. Alors, ils ont commencé à libérer leur haine.

Laurent de Sutter rtbf.be

Agisme

A défaut de trouver les manipulateurs, on constate que le biais de l’âgisme n’épargne pas cette génération Z. Trop jeune pour savoir de quoi elle parle, elle devrait s’en remettre à “ceux qui savent”. Mais sous la pression de la rue, Angela Merkel a promis 100 milliards d’euros d’ici 2030 “pour la protection du climat et la transition énergétique”. Première victoire d’une jeunesse qui maitrise les canaux numériques de la mobilisation. A l’ONU, Bruno Rodriguez, étudiant argentin prévient, “Le temps est venu que nous soyons leaders”.

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