“NOUS TOUTES” : POUR UNE DÉFERLANTE FÉMINISTE EN FRANCE CONTRE LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES

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illustration © clem-onojeghuo

Pas question de rester à la traine sur la lutte contre les violences faites aux femmes. Le mouvement “Nous Toutes” né sur le web entend accélérer la mobilisation nationale sur cette question. A la clé un grand rassemblement prévu le 24 novembre prochain.

Sur le site l’objectif est clairement énoncé. “Organiser une déferlante féministe pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles”. A l’instar de l’Espagne, du Chili et de la Corée du sud le mouvement porté par des associations féministes, des hommes et des femmes de la société civile a décidé de passer à l’action. Mélanie bénévole raconte la genèse. “On est parti d’un constat. Après #Metoo et #balancetonporc il y a eu une vague de colère, d’indignation, de ras le bol qui s’est exprimée très fortement dans la société. Et on aimerait la transformer en mobilisation collective”.

Un mouvement féministe et citoyen

Le 3 juillet dernier 200 personnes se sont réunies. Associations, féministes et militantes ont constitué des groupes d’action thématiques. Au programme intersectionnalité, racisme… Mais aussi comité de pilotage, slogans. Et lancement de la plateforme “Nous Toutes” pour recruter des volontaires. “Plus de 1000 à ce jour” se réjouit la bénévole. Leur mission ? Aller sur le terrain former et informer sur le mouvement et les violences. Et mobiliser au travers des réseaux sociaux “pour que nous soyons des centaines de milliers le 24 novembre”. Alors rien n’aurait bougé depuis l’affaire Weinstein ?

 

 

Une femme décède tous les trois jours sous les coups de leur conjoint.

Un tiers des femmes subisse du harcèlement sexuel au travail.

80% des femmes en situation de handicap subissent des violences.

254 femmes sont victimes  de viol ou de tentatives de viol  par jour.

 

Aller plus vite

Si le nombre de plaintes a augmenté de 30% après #MeToo l’accueil dans les commissariats n’est pas toujours satisfaisant. Mélanie souligne que le #PayeTaPlainte lancé sur la toile témoigne des difficultés des femmes à se faire entendre. “Trauma supplémentaire, la parole des femmes est remise en cause. On en est encore à comment étiez-vous habillés ?”. Grande cause du quinquennat l’égalité femmes hommes traduite dans la loi Schiappa reste trop timide. La controverse sur l’article 2 illustre “des attentes différentes”. Et si la mobilisation via les pétitions en ligne a permis la suppression de la disposition incriminée elle n’a pas déclenché de manifestations de colère.

 

On est en France assez coutumier des grands mouvements. Mais il n’y a pas eu comme au Chili et en Espagne une actualité forte et tragique. La défense du droit à l’avortement au Chili et le procès de la Meute en Espagne. Et pour autant notre actu n’est pas exempte de tragédies.

 

“Stop aux violences faites aux femmes”

Avec le mot d’ordre “Stop aux violences faites aux femmes” “Nous Toutes” englobe aussi les violences économiques. Plafond de verre, disparité des salaires entre les hommes et les femmes à poste égal et discrimination. Pour l’instant la forme de la mobilisation n’est pas encore définie. “On parle de déferlante mais ça peut être une manif, une grande fête, un happening”. L’objectif de ce mouvement de masse est d’opérer une véritable prise de conscience sur ces questions. Et “d’abaisser le seuil de tolérance de la société face à ces violences”.

 

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