L’IRAN ÉLU À LA COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME À l’ONU, UN OXYMORE ?

Iran droit des femmes
©Ninara

L’Iran a rejoint mardi la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW), l’instance de l’ONU dédiée “exclusivement à la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes”. Un oxymore diplomatique ?

Il faut relire la phrase lentement. En français, énoncer deux contraires dans la même phrase est un oxymore, et celui qui s’écrit depuis mardi est inacceptable. L’Iran fait désormais partie des nouveaux membres de la commission appelée à promouvoir l’égalité et la liberté des femmes dans le monde. Pour l’ensemble des femmes dans le monde, cette nomination est un gigentesque geste de mépris.

Le CSW fondé en 1946 est une commission de 45 Etats membres dont la cession annuelle est “le plus grand rassemblement de défenseurs de l’égalité des sexes au monde” indique sur son site ONU Femmes. A priori un objectif qui aurait du en exclure l’Iran. Car dans son rapport annuel publié le 8 mars 2020, le Conseil national de la résistance d’Iran (CNRI) dresse un bilan sinistre. “Arrestations arbitraires, 105 exécutions de femmes pendant le mandat du président dit «modéré» Hassan Rohani, les peines cruelles contre les militantes des droits des femmes et la répression brutale contre les manifestations de novembre, causant la mort de 1 500 personnes, dont des centaines de femmes. (…) les lois misogynes du régime islamiste”.

“La discrimination permanente de l’Iran à l’égard des femmes et des filles”

Le bilan de l’Iran en terme de respect du droit des femmes s’apparente au néant. Sur les réseaux sociaux, Hillel Neuer, avocat international spécialiste des droits humains et dirigeant de l’ONG “UN Watch” dénonce : “C’est une journée noire pour les droits des femmes et pour tous les droits humains (…) Le propre secrétaire général de l’ONU a rendu compte de la «discrimination persistante de l’Iran à l’égard des femmes et des filles”. Et avec lui, de nombreux activistes s’interrogent.

Nous ne pourrons pas nous reposer tant que nous n’aurons pas appris quelles sont les quatre démocraties qui ont voté pour que le régime misogyne de l’Iran dirige la Commission de la condition de la femme. Mieux vaut dissoudre l’ONU plutôt que de permettre cette farce, qui permet à la cruauté de se poursuivre et, maintenant, de diriger ? Il doit y avoir des comptes à rendre.

Wendy Shalit -Twitter 23 avril 2021

Alors comment ce déni de démocratie a-t-il pu se produire ? Les membres sont élus pour 4 ans “sur la base d’une distribution géographique équitable” précise le site. Au cours de la session de mardi 12 nouveaux Etats ont fait leur entrée dont la Chine, l’Iran, le Japon, le Liban et le Pakistan. Le communiqué de presse de l’ONU précise que ces membres ont été élus “Lors d’un tour de scrutin secret”. Qui faut-il blamer ?

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