LES RECOMMANDATIONS DU W7 POUR UN G7 FÉMINISTE

Le décompte avant le sommet du G7 à Biarritz

Les 400 féministes du monde entier réunies à l’UNESCO ont remis le 9 mai, leurs recommandations pour l’élaboration de politiques publiques féministes. Face aux ministres en charge de l’égalité femme hommes, les porte paroles ont exprimé l’urgence d’une refondation globale de ces politiques.

Les organisations féministes des pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Japon) et des pays du Sud ont développé les grands axes du changement nécessaire pour un G7 féministe. Discriminations économiques, violences sexuelles, droits fondamentaux bafoués appellent à une révision complète des stratégies publiques déployées par les Etats les plus riches de la planète. Alors qu’Emmanuel Macron a fait de l’égalité femme homme la grande cause du quinquennat, avec l’un des budgets les plus faible du gouvernement, les associations du Women7 pointe l’urgence de pratiquer une budgétisation sensible au genre. Nathalie Pilhes, Présidente d’Administration moderne explique le concept développé en 1997 par les Nations Unies. “Il s’agit de voir comment chaque décision, dans chaque administration est prise dans l’objectif de la réduction des inégalités femmes hommes”. Cette approche budgétaire très peu pratiquée est particulièrement mise en oeuvre par le Maroc.

Tout ce qui se fait sans les femmes aujourd’hui se fait contre les femmes.

La participation des femmes aux instances de décision

Dans cette optique, les représentantes du W7 demandent aux ministres du G7 de prendre en compte la participation des femmes et des filles aux instances de décisions. N’Tchin Ephrasie Coulibaly, Présidente de la Planification Familiale de Côte d’Ivoire s’impatiente. “Les féministes de tout âge déclarent qu’elles en ont assez du folklore et du simulacre (…) la participation n’est pas une faveur, c’est un droit humain, un droit de société. C’est une solution pour que les politiques publiques soient pertinentes, efficaces et justes”. Le temps de la consultation est terminée, poursuit-elle. Les associations recommandent une représentation effective et égale des femmes et des filles parmi les décideurs au sein de la gouvernance publique. Et ce à tous les niveaux. Claudy Vouhe, co-fondatrice de Genre en Action précise cette approche. “Cela signifie également la participation des femmes dans toutes les instances qui concernent les processus de paix et de situation de crises”. Une diplomatie féministe que l’activiste Julienne Lusenge prône en RDC.

Il faut un changement de paradigme (…) une révision intégrale de la façon de gouverner. Les arbitrages budgétaires sont encore trop souvent dans les mains des hommes. 

Maxime Forest, Chercheur Sciences Po – OFCE, Cevipof

Des budgets en hausse pour le droit des femmes

Pour que le G7 s’engage dans la construction de politiques étrangères “ambitieuses” et féministes, le W7 estime qu’il est indispensable d’envisager l’augmentation des budgets consacrés au droit des femmes. Lyric Thomson, directrice des politiques du ICRW souhaite que 85% de l’aide au développement considère l’égalité des genres comme un objectif important. Ce qui suppose des objectifs “clairs et évaluables” : diplomatie, aide au développement, maintien de la paix et prise en compte des questions climatiques doivent intégrer toutes les problématiques des femmes, au premier rang desquelles figurent les droits sexuels et reproductifs. “Chaque femme chaque fille doit pouvoir décider de la façon dont elle veut vivre, si elle veut se marier, avoir des enfants ou pas” martèle Claudy Vouhe.

L’autonomie financière

Véritable déclaration universelle des droits des femmes, les recommandations mettent en avant des mesures favorisant l’autonomie financière des femmes. Parmi elles, les organisations féministes souligne la nécessité de “concevoir des services financiers pour le milliard de femmes qui n’ont pas accès au système bancaire” et demandent aux Etats du G7 de garantir la suppression des politiques discriminatoires menées par les institutions financières. En outre, les femmes doivent obtenir des droits égaux sur les ressources naturelles et économique ainsi que l’accès à la propriété. Dans les pays du Maghreb, les femmes n’ont toujours pas le droit d’hériter seule.

Une réponse globale aux violences contre les femmes

Si certaines questions semblent plus particulièrement destinées au pays du Sud, les féministes font un constat tout aussi inquiétant concernant les Etats du G7. Une étude réalisée en 2016 indique que 16% des européens interrogés estiment que les violences conjugales ne devraient pas être poursuivies au pénal ! Et 28%, informés de violences contre les femmes n’ont pas jugé utile d’en parler.“Ce n’est pas leur problème” constate le représentant européen. Le W7 plaide pour des réponses globales sur les violences basées sur le genre, quelles que soient leur nature. Françoise Brié, présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes pointe les attaques répétées contre l’arsenal législatif. “Des Etats dépénalisent les violences conjugales [la Russie N.D.L.R], En France on constate une disparité d’application des lois”.

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