AVEC L’AGENCE ZEBRIGAD L’AGE DEVIENT ENFIN UN LEVIER D’EXPERTISE

Sandrine Doppler et Marie-France Martinez co-fondatrices de ZeBrigad
Sandrine Doppler et Marie-France Martinez co-fondatrices de ZeBrigad

Qui a dit que la créativité était l’apanage des plus jeunes ? Au sein de ZeBrigad, l’agence de communication et de marketing qu’elles ont co fondée, Sandrine Doppler et Marie-France Martinez, toutes deux quinquagénaires revendiquent toute leur place et leur expertise au sein d’un secteur réputé pour son jeunisme.

Les deux co fondatrices de l’agence éditoriale de contenus se sont rejointes sur le même constat, à 50 ans la vie professionnelle s’arrêtent pour les femmes. “On ne voulait plus être prise dans cet étau sociétal et le seul moyen de s’en libérer c’était d’avoir notre propre structure pour faire de l’âge un levier” explique Marie France Martinez, spécialiste en communication digitale et en sociologie des médias. Sandrine Doppler, malgré son champs d’expertise en transition et innovation alimentaire pointe l’obligation pour des femmes de 50 ans et plus de se réinventer en permanence. “Quels que soient les aléas que les femmes traversent, les règles, la grossesse, la ménopause elles sont contraintes de faire avec.

Une agence différente

Au sein de leur agence basée à Genève, les deux associées mettent volontiers leur âge en avant pour déconstruire les stéréotypes. Marie-France Martinez qui a travaillé dans un contexte international s’est très tôt intéressée à la communication digitale. Un secteur que l’on pense toujours réservé aux générations Y et Z. “On a décidé de fonder ZeBrigad sur ces postulats liés notre expérience et à notre faculté à prendre du recul” poursuit Sandrine Doppler. Elles imaginent une agence différente qui livre des concepts éditoriaux en complément des politiques de communication des entreprises. “On explique au client qu’on a été voir ce qu’ils font et on leur propose de rajouter une brique à leur communication, pour qu’elle soit optimale. Ensuite on produit le contenu”. Une attitude pro active qui correspond au tempérament de ces quinqua qu’on dit obsolètes.

La créativité n’est pas liée à l’âge

La team de ZeBrigad déploie une stratégie conceptuelle qui va au-delà d’un community management là aussi souvent entre les mains des plus jeunes. “Nous avons choisi de privilégier la créativité” note Sandrine Doppler rompue au marketing. Et des idées elles n’en manquent pas. Les deux quinquas ont créé leur chaine You Tube pour diffuser des pastilles audio humoristiques et cash sur la vie des femmes de 50 ans. “C’est parti d’un témoignage d’une femme à qui le recruteur a dit, vous avez 45 ans on va vous trouvez votre dernier poste !” fulmine l’experte en fooding.

“L’âge de cristal” des femmes

Avec le #BellesRebelles50, ZeBridag évoque la situation des femmes pour qui la cinquantaine serait “l’âge de cristal”, une référence à une série des années 70 dans laquelle les plus de 25 ans étaient éradiqués. De cette invisibilité quasi universelle, les co fondatrices s’étonnent auprès des DRH. La réponse est toujours laconique : “on recrute des compétences”. Mais les porteurs de ces compétences sortent toujours des mêmes écoles et surtout n’ont jamais 50 ans tacle Sandrine Doppler. Pour avoir formé de nombreux jeunes, l’entrepreneuse française estime que dans la situation actuelle, la relance ne pourra se faire sans l’expertise des “seniors” rodés aux crises en entreprise.

Un combat au long cours

A moins que le confinement ne soit un argument supplémentaire pour revenir sur le travail des femmes et les garder dans les cuisines. Une inquiétude réelle pour Marie-France Martinez. ” En Suisse, le droit du travail est du côté de l’employeur”. La grève nationale des femmes en Suisse a par ailleurs mis en exergue le conservatisme en matière d’égalité femme homme dans la confédération. Un long combat que la militante considère vital. “Je me souviens d’une conversation avec l’économiste alter mondialiste frano égyptien Samir Amin. Il m’a dit : ” les combats que vous menez aujourd’hui vous n’en verrez peut être pas les fruits mais peu importe”.

Une nécessaire prise de parole

Aujourd’hui, la prise de conscience de l’invisibilisation des femmes de 50 ans n’a guère d’écho dans l’entreprise. Sans étonnement pour ZeBrigad qui préconise le recours à la loi et surtout la montée en puissance des groupes féministes sur ce sujet. Pourtant, cette parole a du mal à se faire entendre. ”  Je suis assez étonnée de la réaction des femmes de notre âge, elles sont assez passives par rapport à notre discours, elles ont intégré ces biais de genre”, souligne Marie-France Martinez. Un âgisme alimenté par les réseaux sociaux et une presse féminine qui “ne parle qu’à quelques-unes”. Chez ZeBrigad, les femmes de 50 ans et + sont bienvenues !

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