SORORITÉ : NOTRE MOT DE L’ANNÉE

Sororité : notre mot de l'année ©omar-lopez

Alors que le dictionnaire Merrian Webster a consacré le « féminisme » mot de l’année 2017, les prises de paroles en cascades liées à l’affaire Weinstein invitent à regarder le lien générateur de toutes les répliques de ce séisme : Une solidarité féminine hors norme.

Puisée au cœur du courage des victimes des violences domestiques et publiques, la parole de ces femmes s’est nourrie d’une reconnaissance, celle de la fin de leur solitude. La sororité a débordé comme un volcan plein de promesses. Reconnue, elle s’extrait tel un élixir puissant d’une force d’empathie qui met à mal toute forme de rivalités soit disant si féminine ! Rosalyn D’Mello, jeune écrivaine explique qu’à l’aube de ses trente ans elle estime que sa plus grande réussite réside dans le grand nombre de ses amis. Et notamment dans les liens qu’elle a construit avec des femmes. « Leur compagnie était devenue vitale pour mon identité féministe ». Le constat détend face aux crispations liées au mot de l’année. Si le féminisme est une quête et un combat, l’auteur Ann Friedman le considère vital comme un « cadre dans lequel discuter de nos mécontentements et nous responsabiliser par la solidarité de la sororité ».

 

Je suis continuellement émue de découvrir que j’ai des soeurs. Je commence tout juste à découvrir qui je suis. Gloria Steinem in « Sisterhood ».

 

Vertu refuge « contre l’énergie de la malveillance » la sororité est née dans le sillage du mouvement féministe des années 70 précise la philosophe Françoise Collin. « En réplique à celle de « fraternité », emblématique d’une démocratie qui s’était définie sans les femmes ». La sororité serait le seul lien capable de transcender les différences pour faire front. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femme homme en fait un élément de lutte. « J’ai essayé de populariser ce mot car l’une des clés de l’égalité entre les femmes et les hommes se trouve dans le rapport qu’ont les femmes entre elles. Quand on arrêtera d’avoir un a priori de rivalité entre femmes, on pourra faire des choses incroyables. » Et pour commencer anéantir la rivalité féminine. « Lorsque la culture ne réserve que quelques places pour les femmes dans un monde d’hommes, les femmes sont obligées de se faire concurrence pour ce petit espace » renchérit Rosalyn D’Mello. Pour casser cette logique les femmes de l’administration Obama ont pratiqué la technique de « l’amplification ». Quand une conseillère développait une idée dans une réunion, elle était répétée par d’autres femmes. « Cela forçait les hommes présents à reconnaître la contribution, et les empêchait de se réapproprier l’idée ». Ann Friedman invite à rompre définitivement avec la rivalité féminine en dynamitant les a priori. « Lorsque vous rencontrez une femme qui est intimidante, pleine d’esprit, stylée, belle et professionnellement accomplie, devenez amie avec elle … Entourez-vous des meilleures personnes ne vous rendra pas pire en comparaison ». Une technique qui transfuse le meilleur de chacune par capillarité. Chaque maillon constitue un « corps » féminin commun. Florence Servan-Schreiber, journaliste et auteure considère que toutes doivent prendre leur place. « La seule mission que nous avons, c’est comment, à l’intérieur de soi, nous dilater au maximum. Mieux nous sommes centrés, plus nous sommes utiles aux autres ». Une étude faite sur une durée de 75 ans à Harvard montre que l’élément qui influence le plus notre bonheur est la qualité de nos relations. Alors réjouissons nous du succès de ceux et celles qui nous entourent !

 

 

 

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