L’HILARANTE « FANTAISIE DU LUNDI » DE JULIANE GROSPIRON

Juliane Grospiron - La fantaisie du lundi
Juliane Grospiron – La fantaisie du lundi

Depuis deux ans Juliane Grospiron dispense chaque début de semaine «La leçon du lundi» sur les réseaux sociaux. Une web série diffusée sur Facebook et Youtube réalisée, montée et jouée par sa créatrice. Elle scalpe avec dérision et fantaisie la vie quotidienne. De courtes scènes tournées au gré de son inspiration dans la rue, chez elle et parfois à Trouville où elle installe sa caméra le week end lorsqu’elle est très en retard ou à court d’idées. Dans les quartiers chics, elle est « la fille du 16eme » ou « du 7eme » bourgeoise assumée. Elle dézingue joyeusement les youtubeuses beauté ou parodie les journalistes du JT  à moitié immergés pour parler des intempéries en direct. A 44 ans, autoproclamée « vieille youtubeuse » elle parle de cette seconde vie professionnelle arrivée par passion et apprise sur le tas dans des bouquins.

A quoi ressemblait votre première vie professionnelle ?

J’ai travaillé dans l’évènementiel pendant dix ans jusqu’à l’âge de 30 ans. Je bossais avec des réalisateurs pour faire des films institutionnels mais ce n’était pas mon métier. Assez vite je me suis dit que je ne pourrais pas continuer dans cette voie parce que j’en avais fait le tour et qu’il n’y avait aucune perspective d’évolution. Et ce n’était pas compatible avec une vie de famille. J’ai arrêté et en même temps je me suis passionnée pour la réalisation vidéo et le montage. Je me suis mise pendant deux ans dans les bouquins et j’ai appris seule à tourner, monter et par la force des choses à réaliser.

Ca s’est traduit comment ?

Au bout de deux ans je me sentais pas mal techniquement. Même si ça restait assez amateur. Je suis allée voir mon frère qui a une grande agence de design à Paris et je lui ai dit c’est ça que je veux faire. J’ai commencé à faire des vidéos institutionnelles pour lui et c’est devenu sa forme de communication. Ca fait dix ans que je fais ça maintenant. Au fur et à mesure je me suis perfectionnée et j’ai acheté du matériel pro mais je tourne aussi beaucoup avec l’Iphone.

Celle de James Bond fait vraiment illusion !

Ce qu’il y a de génial avec mon frère c’est qu’on travaille avec rien. On n’a pas beaucoup de moyens. Pour James Bond, le fond bleu qui est un système d’incrustation très basique je l’ai fait avec un tapis de sol bleu que j’avais à la maison pour faire du sport. Je l’ai accroché au mur et puis voilà ! Je n’ai pas de studio et je fais avec ce que j’ai.

 

 

Comment vous passez de ces vidéos institutionnelles à la fantaisie du lundi drôle, décalée, déjantée ?

Mon frère a un peu le même esprit que le mien. Les vidéos que j’ai faites pour lui n’avaient pas grand chose d’institutionnel. On se marrait beaucoup et c’est ce qui a fait la force de sa communication. C’est lui que je mettais en scène. Comme c’est un très bon orateur, c’était assez simple. Et puis il y a eu un moment où j’ai eu envie de faire des choses pour moi, sans contrainte, sans brief, sans rien. Je voulais plus de liberté dans ma créativité. Ca a donné « la leçon du lundi » devenue « la fantaisie du lundi ».

Vous rebondissez sur plein de trucs, il y a des choses qui vous énervent particulièrement ou qui vous amusent ?

Y a rien vraiment qui m’agace. C’est d’ailleurs un peu le problème, je ne fais pas ça pour délivrer forcément un message ou quelque chose qui me gène dans la société. C’est plus une façon de voir la vie avec une certaine fantaisie. C’est vrai que la vie n’est pas facile encore que la mienne ne soit pas très difficile ! Mais avoir des enfants c’est pas facile, travailler c’est pas facile, sauf qu’il suffit d’avoir un petit peu d’autodérision pour que tout de suite ca soit plus amusant.

 

Je me suis rendue compte que ce qui plaisait aux gens c’était qu’on leur parle de leur quotidien.

 

Est ce que vous avez envie d’évoluer vers un format plus long ?

Depuis un an je cherche à écrire un court métrage puis un long parce qu’il faut toujours commencer par un court d’après ce que j’ai compris. Le format de ce que je fais en ce moment ça n’a pas beaucoup d’avenir parce que les chaines n’en veulent plus. Aujourd’hui les formats courts à la télévision sont des formats d’une demi heure. J’ai pas les moyens de faire ça. Je suis trop vieille pour être youtubeuse ! Je dois avoir 40 abonnés sur ma chaine ce qui est ridicule ! Ca fonctionne sur les réseaux mais pas là.

 

Les gens doivent vous regardez bizarrement quand vous filmez dans les quartiers chics de la Capitale ?

Ca va encore  quand je suis pas déguisée ! Mais il m’arrive de faire des trucs un peu déguisée c’est pas un plaisir. Je ne suis pas très exhibitionniste ! Je force ma nature. Quand je suis chez moi et que je dois tourner ça me plait bien. Mais je n’aime pas me montrer et être ridicule dans la rue, pourtant je le fais plein de fois.

 

Vous faites beaucoup de prises avant de diffuser ?

Je fais très peu de prises car j’ai très peu de temps. Je le fais en plus de mon boulot. Je tourne une heure par semaine.

Comment écrivez-vous ?

Le plus compliqué est de trouver un thème. Ca peut me prendre une semaine mais une fois que j’ai trouvé j’écris et je tourne très vite. Je mouline pendant 2 ou 3 jours et j’écris d’une traite. Bon ça ne fait qu’une page à l’arrivée !

Des humoristes vous influencent ?

Influencer je pense pas. Je prends vraiment mon quotidien comme source d’inspiration. Mes enfants, mes amis pas trop les gens du spectacle. En revanche j’ai toujours adoré Dupontel dont j’aime beaucoup le parcours. Il fait du show comique au début de sa carrière, maintenant il réalise des films. J’adore son humour, j’adore ce type.

Votre écriture s’apparente à des sketches, est ce que vous auriez envie de transposer votre univers sur scène ?

Ça fait très longtemps que certaines personnes de mon entourage me pressent à faire ça mais je suis pas très à l’aise. Ca me fait plus paniquer que envie.

Vos projets ?

J’ai écrit deux court-métrages déjà mais qui ne me conviennent pas. Je recommence. J’ai assez envie de participer au concours Nikon Festival Film qui récompense des courts de moins de 140 secondes sur un thème. C’est hyper sophistiqué. Il y a plein de monde au générique et ça me fait un peu peur !

 

 

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